Auteur

Jean Cocteau

Un rêveur est toujours mauvais poète.
Un scandale commence à devenir scandaleux lorsque, de salubre, de vif qu'il était, il en arrive au dogme et, dirai-je, lorsqu'il rapporte.
Un secret a toujours la forme d'une oreille.
Une femme dort. Elle triomphe. Elle n'a plus à mentir. Elle est un mensonge des pieds à la tête...
C'est dans les prisons que l'idée de liberté prend le plus de force et peut-être ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s'enfermer dehors.
Une trop grande liberté, un fais ce que tu veux commode, met la jeunesse dans l'impossibilité de désobéir, alors que rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles.
A ton bûcher, Phénix, j'ajouterai ma bûche - C'est pour nous que tu meurs et renais de ta mort - Bruxelles! douce main de la France qui dort. - Et je vois sur ta place au centre de la ruche - La reine Elisabeth comme une abeille d'or.
Je lis, Je crois lire. Chaque fois que je relis, je m'aperçois que je n'ai pas lu. C'est l'ennui d'une lettre. On y trouve ce qu'on cherche. On s'en contente. On la range. Si on la retrouve, à la relire on en lit une autre qu'on avait pas lue.
Il n'existe pas d'âmes simples.
Aucune mère n'est le camarade de son fils. Le fils devine vite l'espion derrière le camarade et la femme jalouse derrière l'espion.
Le temps est élastique. Avec un peu d'adresse on peut avoir l'air d'être toujours dans un endroit et être toujours dans un autre.
Notre pire souffrance n'est-elle pas de ne pouvoir imaginer l'endroit où ceux que nous aimons nous évitent?
Il est indispensable de se sacrifier quelquefois. C'est l'hygiène de l'âme.
Se contredire, Georges. Quel luxe! C'est mon luxe. C'est mon désordre à moi. Laisse-le-moi.
Beaucoup d'hommes naissent aveugles et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux.
Apprenez que tout ce qui se classe empeste la mort. Il faut se déclasser, Tirésias, sortir du rang. C'est le signe des chefs-d'oeuvre et des héros. Un déclassé, voilà ce qui étonne et ce qui règne.
Il fait beau croire aux prodiges lorsque les prodiges nous arrangent et lorsque les prodiges nous dérangent, il fait beau ne plus y croire et que c'est un artifice du devin.
C'est une chance de ne pas ressembler à ce que le monde nous croit.
Il y a trente-cinq ans qu'on me répète à propos de tout: vous verrez... vous verrez. Je n'ai rien vu.
A force de ne jamais réfléchir, on a un bonheur stupide.
Paradoxe! Quand la vérité sort, c'est le nom qu'elle porte.
Le passé Liane, c'est du présent devenu vieux.
Le bonheur est une longue patience...
Les femmes qui disent qu'elles aiment, aiment qu'on les aime.
Solange: Je vous croyais amoureuse de Pascal. - Margot: On n'est pas amoureuse de Pascal. On aime Pascal...

Œuvres de Jean Cocteau

A François Mauriac.A Madame A. MauroisA propos de Brigitte Bardot.Allégories (1941)AntigoneAntigone (1922)Antigone, PostfaceCoupures de Presse, Secrets de beautéDiscours d'Oxford (1956)Discours de réception à l'Académie françaiseDiscours de réception à l'Académie française, 20 octobre 1955Discours de réception à l'Académie française, 20 octobre 1955.Discours de réception à l'Académie française.Discours du grand sommeil, Adieu aux fusiliers marinsDiscours du grand sommeil, prologue, 4Du cinématographeDémarche d'un poèteEntretiens sur le cinématographeEssai de critique indirecteEssai de critique indirecte (1932)