Auteur

Georges Bernanos

Une collectivité n'a pas de conscience. Lorsqu'elle paraît en avoir une, c'est qu'il y subsiste le nombre indispensable de consciences réfractaires.
Béni soit celui qui a préservé du désespoir un coeur d'enfant!
C'est une grande duperie de croire que l'homme moyen n'est susceptible que de passions moyennes.
Chacun de nous vaut le sang de Dieu.
Il est beau de s'élever au-dessus de la fierté. Encore faut-il l'atteindre.
Il faut expier pour les morts.
Il n'y a pas de vérités moyennes.
L'enfer, Madame, c'est de ne plus aimer.
Les ennemis de la société ne sont pas ceux qu'elle exploite ou tyranise, ce sont ceux qu'elle humilie.
Le diable, voyez-vous, c'est l'ami qui ne reste jamais jusqu'au bout.
Les démocraties ne peuvent pas plus se passer d'être hypocrites que les dictatures d'être cyniques.
Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c'est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défense du prestige commun.
Qu'une guerre soit réellement une juste guerre, nul, je pense, ne saurait l'affirmer avant la paix. Ce sont les paix justes qui font les guerres justes.
Alexandre Dumas fils disait jadis que les affaires, c'est l'argent des autres. L'expérience des guerres modernes nous autorise à modifier un peu cette maxime: les affaires, c'est le sang des hommes.
J'ai toujours pensé que le machiavélisme finit par se dévorer lui-même, car pour manquer utilement à sa parole, encore faut-il avoir une parole!
L'optimisme m'est toujours apparu comme l'alibi sournois des égoïstes, soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d'eux-mêmes. Ils sont optimistes pour se dispenser d'avoir pitié des hommes, de leur malheur.
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.
Déblayer pour reconstruire, sans savoir grand-chose du monument futur sinon qu'il sera le plus beau, cela s'appelle faire une Révolution.
Je n'ai rien fait de passable en ce monde qui ne m'ait d'abord paru inutile, inutile jusqu'au ridicule, inutile jusqu'au dégoût. Le démon de mon coeur s'appelle - A quoi bon?
Les plus irréparables sottises sont celles que l'on commet au nom des principes. Les plus dangereuses erreurs, celles où la proportion de vérité reste assez forte pour qu'elles trouvent un chemin jusqu'au coeur de l'homme.
C'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents.
L'art, a un autre but que lui-même. Sa recherche est l'expression ou le symbole de sa perpétuelle recherche de l'Etre.
L'homme moderne est seul, bien seul, à travers le gigantesque arsenal désert où continue de tourner, du matin au soir, silencieusement, vainement, l'ombre immense de la Croix. - Briser cette solitude, ou périr.
Si le monde pouvait être sauvé, il le serait par les poètes.
C'est lorsqu'il y a trop à dire qu'il faut s'efforcer d'être le plus court possible. Le légendaire Cambronne l'avait compris bien avant moi.

Œuvres de Georges Bernanos

Cité par Gilles Perrault dans La Longue Traque (1975).Conférence aux étudiants brésiliens, Rio de Janeiro, 22 décembre 1944.Correspondance (1904-1939)Correspondance (1971)Correspondance inédite (1934-1948)Dans Nous autres Français.Dialogue d'ombresDialogues d'ombres (1955)Essais et écrits de combat, tome II (1995), La liberté pour quoi faire?Français, si vous saviez (1945)Journal d'un curé de campagne (1936)Journal de la guerre d'EspagneJournal de la guerre d'Espagne, Sept, 16 octobre 1936Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 27 novembre 1936Journal de la guerre d'Espagne, Sept, 31 juillet 1936L'Imposture (1927)La France contre les robots (1946)La Grande Peur des bien-pensants (1931)La Grande Peur des biens-pensants (1931)La Joie (1928)