Auteur

Gaston Bachelard

L'Ecole Polytechnique est aux mathématiques ce qu'est un dictionnaire de rimes à la poésie baudelairienne.
C'est près de l'eau et de ses fleurs que j'ai mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l'intermédiaire d'un rêveur.
Sans doute, en sa vie prodigieuse, l'imaginaire dépose des images, mais il se présente toujours comme un au-delà des images, il est toujours un peu plus que ses images.
Le poète est celui qui a le pouvoir de déclencher le réveil de l'émotion poétique dans l'âme du lecteur.
Tout savoir scientifique doit être à tout moment reconstruit.
L'abstraction est un devoir, le devoir scientifique, la possession enfin épurée de la pensée du monde !
S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit.
C'est de l'homme aujourd'hui que l'homme peut recevoir ses plus grandes souffrances.
Mieux vaudrait une ignorance complète qu'une connaissance privée de son principe fondamental.
La richesse d'un concept scientifique se mesure à sa puissance de déformation.
Ce qui limite une connaissance est souvent plus important, pour les progrès de la pensée, que ce qui étend vaguement la connaissance.
Rien ne se perd, rien ne se crée, est un dire d'avare.
Pas de sympathie sans réciproque.
Soyez triste et vous serez philosophe.
La valeur est la qualité occulte la plus insidieuse. C'est elle qu'on exorcise la dernière. Car c'est elle à laquelle l'inconscient s'attache le plus longtemps, le plus énergiquement.
Aux hommes les plus cultivés, il suffit parfois d'un commencement ou d'un prétexte de rationalisation pour accepter la science de la baguette magique.
Tout se mange. Réciproquement, tout est mangé.
L'avoir et l'être ne sont rien devant le devenir.
On ne peut retenir qu'en comprenant.
Pas de vérité sans erreur rectifiée.
Je veux savoir pour pouvoir savoir, jamais pour utiliser.
La pensée scientifique moderne réclame qu'on résiste à la première réflexion.
Le cerveau est l'obstacle à la pensée scientifique. Il est un obstacle en ce sens qu'il est un coordonnateur de gestes et d'appétits. Il faut penser contre le cerveau.
Les rêveries de la volonté ouvrière aiment les moyens autant que les fins.
L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître.

Œuvres de Gaston Bachelard

Colloque de Cerisy.L'Air et les Songes (1934)L'Eau et les Rêves (1942)L'Engagement rationalisteL'Intuition de l'instant (1932)La Dialectique de la durée (1936)La Flamme d'une chandelleLa Flamme d'une chandelle (1961)La Formation de l'esprit scientifique (1938)La Philosophie du non: Essai d'une philosophie du nouvel esprit scientifique (1940)La Poétique de l'espaceLa Poétique de l'espace (1957)La Poétique de la rêverieLa Poétique de la rêverie (1960)La Terre et les Rêveries du reposLa Terre et les rêveries de la volonté (1948)Lautréamont (1939)Le Nouvel Esprit scientifiqueLe Nouvel Esprit scientifique (1934)Le rationalisme appliqué