Auteur

Fernando Pessoa

Passer des fantômes de la foi aux spectres de la raison, c'est simplement changer de cellule.
La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas.
Je sais éprouver l'ébahissement - De l'enfant, qui, dès sa naissance, - S'aviserait qu'il est né vraiment... - Je me sens né à chaque instant - A l'éternelle nouveauté du Monde...
Que celui qui aime ne sait jamais ce qu'il aime, - Ni ne sait pourquoi il aime, ni ce que c'est d'aimer...
J'ai découvert, quand elle est venue à me manquer que l'affection m'était nécessaire et que, comme l'air, on la respire sans la sentir.
L'essence du progrès, c'est la décadence. Progresser, c'est mourir parce que vivre, c'est mourir.
Il y a quelque chose de sordide, et d'autant plus sordide que c'est ridicule, dans cette habitude des faibles d'ériger en tragédies de l'univers les tristes comédies de leurs tragédies personnelles.
Espérer le meilleur et se préparer au pire : c'est la règle.
La vie est un voyage expérimental, accompli involontairement.
Quelle angoisse quand je sens, quel malaise quand je pense, quelle inutilité quand je veux.
Pour moi, lorsque je vois un mort, la mort m'apparaît alors comme un départ. Le cadavre me fait l'impression d'un costume qu'on a laissé derrière soi. Quelqu'un est parti, sans éprouver le besoin d'emporter son seul et unique vêtement.
La vie est une hésitation entre une exclamation et une interrogation. Dans le doute, on met un point final.
La pluie cesse, et il en reste, un instant, une poussière de diamants minuscules, comme si, de là-haut, on secouait des miettes d'une grande nappe azurée.
Un paradoxe n'a de valeur que s'il n'en est pas un.
Il n'y a qu'un présent immobile encerclé d'un mur d'angoisse.
Et dans cette songerie sans calme ni grandeur, dans cette flânerie sans but ni espoir, mes pas usaient cette matinée de liberté, et mes phrases prononcées tout haut à voix basse résonnaient, en se multipliant, dans ce simple cloître de mon isolement.
Je veux être celui que j'ai voulu être, et que je ne suis pas. Si je cédais, je me détruirais. Je veux être une oeuvre d'art, dans mon âme tout au moins, puisque je ne peux l'être dans mon corps.
L'homme est au-dessus du citoyen. Aucun Etat ne vaut Shakespeare.
Un Dieu naît. D’autres meurent. La vérité
Aveugle, la Science laboure une glèbe stérile.
Noël...En province tombe la neige.
Il pleut. C’est Noël.
Jour de Noël. (Humanisme. La « réalité » de Noël est subjective. Oui, en mon for intérieur. Telle qu’elle a surgi, l’émotion a disparu. Mais, pendant un instant, j’ai côtoyé les espoirs et les émotions d’innombrables générations, avec les imaginations mortes de toute une lignée défunte de mystiques. Noël en moi !

Œuvres de Fernando Pessoa

AthenaChronique de la vie qui passeEn bref (2004)Fragments d'un voyage immobile : Un inconnu de lui mêmeFragments d'un voyage immobile: Un inconnu de lui mêmeL'Heure du Diable (1989)L'éducation du stoïcien (1999)Le Gardeur de troupeaux et autres poèmesLe Gardeur de troupeaux et autres poèmes (1914)Le Livre de l'intranquilité de Bernado Soares (1982)Le Livre de l'intranquillité (1982)Lettre à CostaLettre à Costa, 1925.Lettre à Gaspar Simoens, 11 décembre 1931.Lettres à ma fiancée (1929)Noël (1922)Trois Chansons Mortes (1923)