La liberté, c'est la possibilité de s'isoler. S'il t'est impossible de vivre seul, c'est que tu es né esclave. Tu peux bien posséder toutes les grandeurs de l'âme ou de l'esprit: tu es un esclave noble, ou un valet intelligent, mais tu n'es pas libre.
Auteur
Fernando Pessoa
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Comme tous les êtres doués d'une grande mobilité mentale, j'éprouve un amour organique et fatal pour la fixité. Je déteste les nouvelles habitudes et les endroits inconnus.
Je ne suis rien. Je ne serai jamais rien. Je ne peux vouloir être rien. A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde.
Une tasse de café; une cigarette que l'on fume en se laissant pénétrer de son arôme, les yeux mi-clos dans la pénombre de la pièce... Je ne veux rien d'autre de la vie que cette réalité, et mes rêves...
Je ne sais pas écrire de longues lettres. Je préfère parler parce que pour parler il faut être présent - tous les deux présents, sauf dans le cas infâme du téléphone, où les voix n'ont pas de visages.
La vie est ce que nous en faisons. Les voyages ce sont les voyageurs eux-mêmes. Ce que nous voyons n'est pas fait de ce que nous voyons mais de ce que nous sommes.
Une chose m'émerveille plus que la stupidité de la plupart des hommes à vivre leurs vies: c'est l'intelligence qu'il y a dans cette stupidité.
Mon destin est peut-être, de toute éternité, d'être comptable, et la poésie ou la littérature ne sont peut-être qu'un papillon venant se poser sur mon front, et qui me rend d'autant plus ridicule que sa beauté est plus éclatante.
Ecrire, en fin de compte, est une fuite et un refuge.
L'humanité est païenne. Jamais aucune religion ne l'a pénétrée. Le pouvoir de croire à la survie de l'âme n'est même pas dans l'âme de l'homme ordinaire. L'homme est un animal qui s'éveille sans savoir ni où ni pourquoi.
Le point central de ma personnalité, en tant qu'artiste, c'est que je suis un poète dramatique.
Vous êtes belle : on vous adore. - Vous êtes jeune : on vous sourit. - Si un amour pourrait éclore - Dans ce coeur où rien ne luit. - Ce sourire de ma tristesse - Se tournerait, reflet lointain, - Vers l'or cendré de votre tresse, - Vers le blanc mat de votre main.
J'ai fait naufrage sans la moindre tempête, dans une mer où j'avais pied.
Nous recherchons tous quelque chose par ambition mais, ou bien nous ne réalisons pas cette ambition, et nous voilà pauvres, ou bien nous croyons la réaliser, et nous voilà tout à la fois riches et fous.
Les animaux ne savent pas ce qu'ils font : ils naissent, grandissent, vivent et meurent sans pensée, sans réflexion, sans véritable avenir. Mais combien d'hommes vivent différemment des animaux ?
Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un. Ce que nous aimons, c'est un concept forgé par nous - et en fin de compte, c'est nous-mêmes. Cela est vrai à tous les degrés de l'amour.
La littérature, comme toute forme d'art, est l'aveu que la vie ne suffit pas.
Fumer un cigare de prix et rester les yeux fermés - c'est cela, la richesse.
Toute émotion vraie est mensonge pour l'intelligence puisqu'elle lui échappe.
Ne vous étonnez pas que je parle ainsi. Je suis naturellement poète parce que je suis la vérité qui parle par erreur, et toute ma vie, finalement, est un système spécial de morale déguisé en allégorie et illustré par des symboles.
Je m'étais levé tôt, et je traînais pour me préparer à exister.
Nous ne nous accomplissons jamais. Nous sommes deux abîmes glissant vers l'abîme - un puits contemplant le Ciel.
En fait, nous ne sommes rien d'autre que de faux sphinx, et nous ignorons ce que nous sommes réellement.
Travailler avec noblesse, espérer avec sincérité, aimer les hommes avec tendresse - voilà la vraie philosophie.
Dieu est la meilleure plaisanterie de Dieu lui-même.
Œuvres de Fernando Pessoa
AthenaChronique de la vie qui passeEn bref (2004)Fragments d'un voyage immobile : Un inconnu de lui mêmeFragments d'un voyage immobile: Un inconnu de lui mêmeL'Heure du Diable (1989)L'éducation du stoïcien (1999)Le Gardeur de troupeaux et autres poèmesLe Gardeur de troupeaux et autres poèmes (1914)Le Livre de l'intranquilité de Bernado Soares (1982)Le Livre de l'intranquillité (1982)Lettre à CostaLettre à Costa, 1925.Lettre à Gaspar Simoens, 11 décembre 1931.Lettres à ma fiancée (1929)Noël (1922)Trois Chansons Mortes (1923)