Noël...En province tombe la neige.
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Et dans cette songerie sans calme ni grandeur, dans cette flânerie sans but ni espoir, mes pas usaient cette matinée de liberté, et mes phrases prononcées tout haut à voix basse résonnaient, en se multipliant, dans ce simple cloître de mon isolement.
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À lire aussi de Fernando Pessoa
La beauté est le nom de quelque chose qui n'existe pas - et que je donne aux choses en échange du plaisir qu'elles me donnent.
Je veux être celui que j'ai voulu être, et que je ne suis pas. Si je cédais, je me détruirais. Je veux être une oeuvre d'art, dans mon âme tout au moins, puisque je ne peux l'être dans mon corps.
Mieux vaut rêver que d'être. - Il est si facile de tout obtenir en rêve!
Je m'étais levé tôt, et je traînais pour me préparer à exister.
Dans la même œuvre
La liberté, c'est la possibilité de s'isoler. S'il t'est impossible de vivre seul, c'est que tu es né esclave. Tu peux bien posséder toutes les grandeurs de l'âme ou de l'esprit: tu es un esclave noble, ou un valet intelligent, mais tu n'es pas libre.
Comme tous les êtres doués d'une grande mobilité mentale, j'éprouve un amour organique et fatal pour la fixité. Je déteste les nouvelles habitudes et les endroits inconnus.
Une tasse de café; une cigarette que l'on fume en se laissant pénétrer de son arôme, les yeux mi-clos dans la pénombre de la pièce... Je ne veux rien d'autre de la vie que cette réalité, et mes rêves...
Mon destin est peut-être, de toute éternité, d'être comptable, et la poésie ou la littérature ne sont peut-être qu'un papillon venant se poser sur mon front, et qui me rend d'autant plus ridicule que sa beauté est plus éclatante.
Toute émotion vraie est mensonge pour l'intelligence puisqu'elle lui échappe.