Auteur

Félix Guillaume Marie Bogaerts

Le coeur de l'homme sans foi est comme un ciel orageux où ne brille aucun rayon de soleil.
La générosité n'est parfois qu'un adroit égoïsme.
Ne méprisez point l'indigent laborieux; songez que ses sueurs sont le suc nourricier de l'arbre social.
Les révolutions ne seraient pas aussi nombreuses, si les peuples savaient jouir de la liberté comme ils savent la conquérir.
Il n'y a que celui qui avoue ses propres erreurs qui ait le droit d'attaquer celles des autres.
L'ennui ne s'empare que des ennuyeux.
Tirez avantage du quart de votre temps perdu inutilement, et, je me trompe fort, ou il équivaudra à la moitié de celui que vous mettez à profit.
Sans regret nous rejetons le bouquet dont les fleurs ont perdu leur parfum et leurs riches couleurs.
Ne nous plaignons pas quand, une a une, s'évanouissent nos illusions; car Dieu l'a ainsi voulu, afin qu'au terme de notre carrière nous puissions, sans regret aussi, rejeter la vie comme un bouquet flétri.
Fixant dans l'avenir le terme de notre course, nous disons: - Là, je voudrais m'arrêter. Le sage, n'importe quand et où s'achève son pélerinage, dit: - Je suis arrivé.
Aux yeux du sage le prix d'un objet ne consiste pas à venir d'un pays lointain, mais à être utile dans celui où il se trouve.
Ne point se soumettre à la voix de la raison, alors que pourtant elle nous force d'avouer nos torts, c'est ressembler au coursier indompté refusant d'obéir au frein qui le captive.
Quand vous êtes seul, songez au moment où vous serez avec les hommes; êtes-vous avec eux, songez au moment où vous serez seul.
Soyez assez courageux pour vous imposer parfois des privations et des sacrifices, quand la nécessité ne vous y force pas, et le courage ne vous manquera pas, alors qu'elle vous les commandera.
Sans la tolérance, point de libre pensée; sans la libre pensée, point de progrès.
Ne serrez qu'avec une extrême prudence la main inconnue qui presse la vôtre avec une extrême cordialité.
Nous remettrions bien moins de choses au lendemain, si nous songions à la satisfaction que nous fait éprouver, le matin, le souvenir d'un travail achevé la veille.
Voulez-vous que les hommes sensés recherchent vos discours; évitez de discourir avec ceux qui ne le sont pas.
Une espérance fondée sur une promesse, c'est le plus souvent un bouton naissant sur une branche qui se meurt.
Les plus gros livres ne sont pas toujours les plus utiles: ce ne sont pas les hommes les plus savants qui rendent toujours les plus grands services.
La conservation d'une fortune est presque toujours en raison des peines qu'elles nous a coûtées pour l'acquérir. D'où vient qu'un si grand nombre d'entre elles s'évanouissent si rapidement? C'est que la prudence ne conserve que ce qu'elle même a amassé.
Que la science soit tout, et la naissance ne sera plus rien.
Vous raillez ceux qui s'agenouillent et prient devant la modeste image d'une madone, et ceux-ci vous plaignent: franchement, que vaut-il mieux, d'être plaint ou raillé?
Dans la culture des arts, que l'imitation soit pour nous comme un ami qui nous guide; ne souffrons pas que jamais il nous porte sur ses épaules.
Faites d'abord ce que vous devez faire, et puis songez à ce que vous pouvez faire.

Œuvres de Félix Guillaume Marie Bogaerts

Pensées et Maximes