Auteur

Erik Orsenna

Que serait l'amour sans mots d'amour ?
Toute peau a son histoire. Caresser c'est tendre l'oreille.
Il se contenta de poser sa main droite sur son épaule. Une main légère comme un oiseau. Souvent, toucher, effleurer même, vaut mieux que parler.
Les grammairiens se passionnent pour la structure de la langue, son ossature. Alors forcément, chez eux, le squelette est plus visible. Je sais, je sais, il y a des grammairiens gros. Mais la grammaire n'est-elle pas le royaume des exceptions ?
Depuis quelque temps, les accents grognaient. Ils se sentaient mal aimés, dédaignés, méprisés. A l'école, les enfants ne les utilisaient presque plus. Les professeurs ne comptaient plus de fautes quand, dans les copies, ils étaient oubliés.
Quand une femme prend la peine de revenir vous dire c'est fini, c'est que tout commence.
L'homme noir voguait sur sa peine et la guitare était son navire. Leur voyage commun devint le blues.
Comment dormir au milieu d'une horloge qui ne sait pas de quel côté va le temps ?
Nos mots préférés sont des affaires intimes, comme la couleur de notre sang.
Après tout, une phrase, pour un mot, c'est une prison.
Que serions-nous... Jeanne, Jeanne... sans le secours de ce qui n'existe pas ?
Je pense aux ingénieurs qui voient le monde comme une planche à dessin. Je pense aux paysans qui depuis tant d'années se sont acharnés à faire en sorte que le monde coïncide avec le dessin de la planche.
Vous avez déjà rencontré une histoire sans suite ? Toutes les fins d'histoire sont des fausses fins. Sitôt qu'on a le dos tourné, l'histoire repart.
L'accordéon est le meilleur ami du marin. Il souffle comme le vent, il grince comme les poulies, et fait danser comme les vagues.
Chaque livre invente sa route. Il va aussi libre, parmi toutes les histoires possibles, que chaque bateau sur la mer entre toutes les destinations.
Quand vient votre dernière heure, vous abandonnez toute fierté.
Pour moi, une journée idéale, c'est écrire, faire le marché, la cuisine, puis partir en mer.
Je donne énormément de livres, quitte à les racheter si je veux les relire.
J'écris tous les jours depuis l'âge de treize ans. J'avais déjà l'intuition que le bonheur viendrait de l'écriture.
J'envisage d'ailleurs d'aller vivre en Bretagne quatre jours par semaine. La vie est la seule carrière qui m'intéresse.

Œuvres de Erik Orsenna

14 octobre 2007, Le Figaro.19 décembre 2007, discours à Bertrand Delanoë, Salle Olympe de Gouges.Dernières nouvelles des oiseaux (2004)Et si on dansait ? (2009)Et si on dansait? (2009)Grand amour (1993)Histoire du monde en neuf guitares (1996)L'Avenir de l'eau (2008)L'Entreprise des Indes (2010)L'Exposition coloniale (1988)L'Exposition coloniale (1988)La Chanson de Charles Quint (2008)La Révolte des accents (2007)La fabrique des mots (2013)La grammaire est une chanson douceLa grammaire est une chanson douce (2001)Le Monde de l'éducation n° 283, juillet 2000.Les chevaliers du subjonctifLes chevaliers du subjonctif (2004)Lire, Pascale Frey le 01/05/2000