Œuvre
14 octobre 2007, Le Figaro.
Les mots m'ont fait découvrir qu'une autre vie était possible. Ils m'ont offert une merveilleuse porte de sortie. La grande évasion, en quelque sorte. Je n'ai jamais cessé de m'en remettre à eux. Ils restent les garants de ma pensée
Seule la langue est un espace de résistance.
Ma pensée n'a aucun intérêt. Elle n'a d'intérêt que lorsque je sers de grands écrivains. C'est un métier. Celui de comprendre les musiques, les rythmes, les silences, bref, l'agencement des mots.
Notre socle fondamental, c'est la langue commune. Et à l'intérieur de cet espace, il y a ceux qui inventent d'autres langues, qui torpillent les mots. Ce sont eux, les génies. Sans les écrivains, la langue commune serait insipide et ennuyeuse.
J'aspire à ce que toutes les langues et les manières d'écrire se multiplient. Ainsi pourront naître d'innombrables sens. Que serait l'amour d'aujourd'hui sans le SMS?