Auteur

Fabrice Luchini

Ceux qui me reprochent un ego gigantesque peuvent toujours le faire, mais dans mon dos comme disait Flaubert, car mon cul alors les contemple.
Seule la langue est un espace de résistance.
Ma pensée n'a aucun intérêt. Elle n'a d'intérêt que lorsque je sers de grands écrivains. C'est un métier. Celui de comprendre les musiques, les rythmes, les silences, bref, l'agencement des mots.
Je voudrais des relations qui n'emprisonnent pas. Quand je suis joyeux, j'ai une sexualité libertine sans immoralité. Je ne suis pas tellement monogame. Je trouve que c'est une impasse.
Les acteurs doivent respecter un devoir de réserve, de non-obscénité, parce qu'ils ne vivent pas les problèmes des gens.
Je suis moins agressif avec la droite: elle n'existe plus.
La gauche n'a aucune vision négative de l'homme, elle croit qu'il est un merveilleux opprimé, elle ne comprend rien à la psyché, au conflit intime, à la grimace proustienne.
Le moi est une pourriture et une impasse. C'est un petit être inconfortable, malheureux, qui s'invente des mythologies pour continuer à vivre l'absurdité.
Pour citer Louis Jouvet : Le succès justifie tout et n'explique rien, mais seul l'insuccès peut être fécond. Voilà qui remet d'aplomb. Cela dit, tant qu'un acteur n'est pas reconnu, comme moi avec La discrète, il ne va pas bien. Il emmerde tout le monde.
Et j'en profite pour dire que citer quelqu'un est davantage un acte d'humilité que de vanité.
Ce qu'on me reproche, ma diction, mon asexualité, deviennent des qualités. Et ça fait trente-huit ans maintenant.
La télé n'est pas un lieu où il se dit des choses mais l'endroit de la sensation.
La télé donne l'image la plus caricaturale de soi. Il n'y a ni réflexion ni pensée.

Œuvres de Fabrice Luchini

14 octobre 2007, Le Figaro.Dans Studio ciné live, septembre 2014L'Express, 8 mai 2010.Le Parisien, 20 août 2008.