Auteur

Erik Orsenna

Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Parfois il est trop tard pour les sauver.
Réclamer le possible, tout le possible, c'est critiquer le monde tel qu'il est.
La vie est la seule carrière qui m'intéresse.
Les alertes, ces heures d'attente dans les couloirs du métro, sur les quais, voire sur une marche d'escalier mécanique, tandis qu'en surface éclataient les bombes et s'effondraient les maisons.
Il ne faut pas confondre amitié et besoin de confidences.
L'amitié n'était-elle pas une forme de la musique?
Elle s'agrippait à ma main. J'avais l'impression de l'assurer, comme on dit en alpinisme.
Le jardin, c'est de la philosophie rendue visible.
Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme: sans elles, il s'enfoncerait doucement dans le néant.
Paris a tissé, Paris a grandi, s'est grandi, Paris a accueilli, Paris a créé et s'est créé. Alors, ce qui me frappe dans une ville, c'est évidemment cet apprentissage permanent toujours remis en cause et toujours renouvelé de la diversité.
Notre bonheur doit être notre secret le plus défendu.
Ceux de leur épouse excepté, les hommes chérissent le chagrin des femmes.
Les mots m'ont fait découvrir qu'une autre vie était possible. Ils m'ont offert une merveilleuse porte de sortie. La grande évasion, en quelque sorte. Je n'ai jamais cessé de m'en remettre à eux. Ils restent les garants de ma pensée
Notre socle fondamental, c'est la langue commune. Et à l'intérieur de cet espace, il y a ceux qui inventent d'autres langues, qui torpillent les mots. Ce sont eux, les génies. Sans les écrivains, la langue commune serait insipide et ennuyeuse.
J'aspire à ce que toutes les langues et les manières d'écrire se multiplient. Ainsi pourront naître d'innombrables sens. Que serait l'amour d'aujourd'hui sans le SMS?
La pauvreté n'a pas de limite: on trouve toujours quelqu'un de plus pauvre que les pauvres.
La nature a souvent de ces tranquillités ou de ces indifférences qui font honte aux agitations des hommes.
L'une des perversités de la guerre, c'est la tranquillité des villes de l'arrière.
Au commencement de toute humanité est l'eau. Au commencement de toute dignité, de toute santé, de toute éducation, de tout développement. Dans l'ordre des priorités, rien ne précède l'accès à l'eau.
L'obsession que j'ai de toi s'est enfoncée sur ma tête comme un chapeau trop grand. Je suis coiffé de toi. Je ne vois plus que toi.
Les Puissants, qui ont tout dans cette vie, n'attendent plus qu'une chose: l'immortalité. Faisons-leur confiance pour mettre autant d'habileté et d'acharnement à la construire qu'ils en ont déployé pour atteindre au pouvoir.
J'ai simplement laissé sur la table en pin du salon un mot, «pardon», et un cadeau, une citation. Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme: sans elles, il s'enfoncerait doucement dans le néant.
Les citations sont la preuve que certains écrivains ont vraiment existé et qu'en creusant bien on pourrait trouver un peu de réalité biographique sous les mots.
D'où vient l'imaginaire, sinon de pays que nous ne connaissons pas encore ?
Les marins, savent que leur royaume est mouvant et que dans ce royaume, il n'existe que des vérités humbles, des assurances fragiles.

Œuvres de Erik Orsenna

14 octobre 2007, Le Figaro.19 décembre 2007, discours à Bertrand Delanoë, Salle Olympe de Gouges.Dernières nouvelles des oiseaux (2004)Et si on dansait ? (2009)Et si on dansait? (2009)Grand amour (1993)Histoire du monde en neuf guitares (1996)L'Avenir de l'eau (2008)L'Entreprise des Indes (2010)L'Exposition coloniale (1988)L'Exposition coloniale (1988)La Chanson de Charles Quint (2008)La Révolte des accents (2007)La fabrique des mots (2013)La grammaire est une chanson douceLa grammaire est une chanson douce (2001)Le Monde de l'éducation n° 283, juillet 2000.Les chevaliers du subjonctifLes chevaliers du subjonctif (2004)Lire, Pascale Frey le 01/05/2000