Si vous me demandez ce que je viens faire en ce monde, moi artiste, je vous répondrai: «Je viens vivre tout haut».
Ce jour-là, pour la première fois, chez les Coupeau, on se flanqua une volée en règle, on se tapa même si dur, qu'un vieux parapluie et le balai furent cassés.
L'argent, jusqu'à ce jour, était le fumier dans lequel poussait l'humanité de demain; l'argent, empoisonneur et destructeur, devenait le ferment de toute végétation sociale, le terreau nécessaire aux grands travaux qui facilitent l'existence.
Les hommes, souvent, se marient pour une nuit, la première, et puis les nuits se suivent, les jours s'allongent, toute la vie, et ils sont joliment embêtés.
Mon Dieu! l'habitude use l'honnêteté comme autre chose.
Si je vaux quelque chose aujourd'hui, c'est que je suis seul et que je hais.
Je hais les railleurs malsains, les petits jeunes gens qui ricanent, ne pouvant imiter la pesante gravité de leurs papas. Il y a éclats de rire plus vides encore que les silences diplomatiques.
Je n'ai guère de souci de beauté ni de perfection. Je me moque des grands siècles. Je n'ai souci que de vie, de lutte, de fièvre. Je suis à l'aise parmi notre génération.
Tout n'est que rêve.
Une erreur judiciaire est une force en marche: des hommes de conscience sont conquis, sont hantés, se dévouent de plus en plus obstinément, risquent leur fortune et leur vie, jusqu'à ce que justice soit faite.
L'argent encore, rien qu'un espoir d'argent, suffisait au bonheur de ces pauvres créatures.
Dans ces batailles de l'argent, sourdes et lâches, où l'on éventre les faibles, sans bruit, il n'y a plus de liens, plus de parenté, plus d'amitié: c'est l'atroce loi des forts, ceux qui mangent pour ne pas être mangés.
On n'a pas besoin de dire à voix haute ce qui est, des messagers invisibles l'apportent, des bouches muettes le répètent.
Le bonheur, pour nous misérables, n'est que dans l'humilité et l'obéissance.
L'argent, ah! vous verriez ce que j'en ferais, de l'argent, si j'en avais beaucoup. Il en pleuvrait sur la ville, il en coulerait chez les misérables. Une vraie bénédiction, plus de misère!
Est-ce donc une faute, d'aimer ce qui est beau et riche? Je l'aime, parce que c'est beau, parce que c'est riche, et que ça me tient chaud, il me semble, là, dans le coeur...
La mort est plus forte que l'amour, c'est un défi à l'existence.
Eternellement, le combat de la chasteté recommence, toujours les aiguillons renaissent. Aussi la peur de la femme est-elle la sagesse des saints. Ce monde est semé de pièges, les ermites vont au désert, où il n'y a pas de femmes.
Satan, qui rôde, revêt toutes les formes, se déguise en femme, va jusqu'à prendre la ressemblance des saints. Mais, dès qu'il est vaincu, il apparaît dans sa laideur.
La prospérité, la santé sont en mépris, la joie commence aux privations qui tuent le corps. Et c'est ainsi que, triomphants, ils vivent dans des jardins où les fleurs sont des astres, où les feuilles des arbres chantent.
Un peu moins de latin, beaucoup plus d'exercices corporels, et nous ferons des hommes.
Se battre, être le plus fort dans la dure guerre de la spéculation, manger les autres pour ne pas qu'ils vous mangent, c'était, après sa soif de splendeur et de jouissance, la grande cause, l'unique cause de sa passion des affaires.
Il y a, en France, une protestation, un mouvement révolutionnaire qui s'accentue chaque jour. Je vous dis que le ver est dans le fruit. Tout crèvera.
Son mot était: On doit se pardonner entre soi, n'est-ce pas, si l'on ne veut pas vivre comme des sauvages.
On n'épouse pas seulement la fille, on épouse la mère souvent, et c'est bien désagréable, quand celle-ci s'impose dans le ménage.
Œuvres de Emile Zola
A Paul Cézanne.A propos du tableau d'Edouard Manet \"Le déjeuner sur l'herbe\"Au bonheur des DamesAu bonheur des Dames (1883)Carnets d'enquêtesChroniques, la Tribune, 27 septembre 1868Comment on meurtComment on meurt (1883)Correspondance, à Louis Ulbach, 6 novembre 1871Correspondance, à Léon Hennique, 2 septembre 1877Correspondance: lettres de jeunesseDiscours aux étudiants de Paris, 18 mai 1893.Entretien accordé par Emile Zola à la revue anglaise The King en 1900Fécondité (1899)Germinal (1885)Germinal (1885), I, IIGerminal (1885), I, IVGerminal (1885), II, IIIGerminal (1885), II, IVGerminal (1885), III, IV