Auteur

Edmond Rostand

Angoisse métaphysique: ou l'apaiser avec un Dieu, ou la noyer dans le plaisir, ou la guérir par des pilules.
C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière.
La haine est un carcan, mais c'est une auréole.
La meilleure prière est la plus clandestine.
La vérité, juchée sur son socle d'erreurs.
Le moins que l'on puisse dire du pouvoir, c'est que la vocation en est suspecte.
Les meilleurs sont les vers qu'on ne finit jamais.
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès! - Non, non c'est bien plus beau lorsque c'est inutile!
O soleil! Toi sans qui les choses - Ne seraient pas ce qu'elles sont.
Je jette avec grâce mon feutre, - Je fais lentement l'abandon - Du grand manteau qui me calfeutre, - Et je tire mon espadon; - Elégant comme Céladon, - Agile comme Scaramouche, - Je vous préviens, cher Mirmydon, - Qu'à la fin de l'envoi je touche!
Ce sont les cadets de Gascogne - De Carbon de Castel-Jaloux; - Bretteurs et menteurs sans vergogne - Ce sont les cadets de Gascogne!
Je fais, en traversant les groupes et les ronds, - Sonner les vérités comme des éperons.
Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer.
Si Job avait planté des fleurs sur son fumier, - Il aurait eu les fleurs les plus belles du monde!
Belles personnes, - Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes - De rêve, d'un sourire enchantez un trépas, - Inspirez-nous des vers... mais ne les jugez pas!
C'est un petit chat noir, effronté comme un page. - Je le laisse jouer sur ma table, souvent. - Quelquefois il s'assied sans faire de tapage; - On dirait un joli presse-papier vivant.
Nous sommes les fleurs des fleuristes, - Nous sommes les fleurs des marchands, - Les petites fleurs qui sont tristes - De ne pas fleurir dans les champs.
Je t'adore, Soleil! Tu mets dans l'air des roses, - Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson! - Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses! - O Soleil! toi sans qui les choses - Ne seraient que ce qu'elles sont!
L'oeuf a l'air d'être en marbre avant d'être cassé!
Ces deux fléaux, qui sont les plus tristes du monde: - Le mot qui veut toujours être le mot d'esprit, - Le cri qui veut toujours être le dernier cri!
Quand on sait regarder et souffrir, on sait tout. - Dans une mort d'insecte on voit tous les désastres. - Un rond d'azur suffit pour voir passer les astres...
Ah! la nuit fait sortir ce qu'on cache à soi-même!
Ne pas prendre parti, c'est le prendre pour nous.
Ah! quel oiseux oiseau!
On n'est jamais assez cocasse quand on l'est!

Œuvres de Edmond Rostand

Chantecler (1910)Chantecler (1910), I, 2Chantecler (1910), I, 4, ChanteclerChantecler (1910), II, 2Chantecler (1910), II, 3Chantecler (1910), II, 3, ChanteclerCyrano de Bergerac (1897)Cyrano de Bergerac (1897), I, 4Cyrano de Bergerac (1897), I, 4, CyranoCyrano de Bergerac (1897), I, 4, Le VicomteCyrano de Bergerac (1897), II, 3, CyranoCyrano de Bergerac (1897), II, 7, CyranoCyrano de Bergerac (1897), II, 8, CyranoCyrano de Bergerac (1897), III, 2, RoxaneCyrano de Bergerac (1897), III, 6, ChristianCyrano de Bergerac (1897), III, 6, CyranoCyrano de Bergerac (1897), III, 7, CyranoCyrano de Bergerac (1897), III, 9, CyranoCyrano de Bergerac (1897), IV, 10, CyranoCyrano de Bergerac (1897), V, 2, Le Duc