Auteur

Christian Bobin

Entre moi et le monde, une vitre. Ecrire est une façon de la traverser sans la briser.
Dieu descend à terre aussi naturellement que la musique de Mozart monte au ciel, mais il nous manque l'oreille pour l'entendre.
Il faut autant de génie - c'est-à-dire de courage, de songe, de patience et d'impatience, d'innocence et de ruse - pour trouver l'argent du loyer et de quoi vêtir des enfants que pour bâtir un chef-d'oeuvre.
La beauté est l'antichambre de l'amour, la beauté est la lisière d'un amour dont je ne désespérerai jamais.
L'amour comme la mort simplifie. Le vrai nom de l'amour est la simplicité.
Les heures silencieuses sont celles qui chantent le plus clair.
Un écrivain est grand non par lui-même mais par la grandeur de ce qu'il nomme, et je ne sais pas d'autre grandeur que celle de la vie faible, humiliée par le monde.
Je crois que c'est une infirmité d'époque, une infirmité profonde, une infirmité grave que de se croire supérieur à ce dont on parle.
Pour être dans une solitude absolue, il faut aimer d'un amour absolu.
L'indifférence est une épreuve. Le succès est une épreuve que l'on réserve à ceux que l'indifférence n'a pas su tuer.
Ce qui fait événement, c'est ce qui est vivant, et ce qui est vivant, c'est ce qui ne se protège pas de sa perte.
Ce qui croit commencer ne fait que poursuivre.
Pour avoir un peu de cette vie, il faut commencer par en oublier beaucoup. C'est la règle: pas de vision sans point aveugle - à moins d'être saint, bien sûr.
Je n'aime pas ceux qui parlent de Dieu comme d'une valeur sûre. Je n'aime pas non plus ceux qui en parlent comme d'une infirmité de l'intelligence. Je n'aime pas ceux qui savent, j'aime ceux qui aiment.
La souffrance sécrète du noir, l'inconnu engendre la lumière.
L'angoisse suscite la beauté - comme la question réveille sa réponse.
L'art de la conversation est le plus grand art. Ceux qui aiment briller n'y entendent rien. Parler vraiment, c'est aimer, et aimer vraiment, ce n'est pas briller, c'est brûler.
La création, par l'invention d'une forme close, protège, recueille le réel. L'industrie - et la télévision n'est que cela - détruit, et avec elle grandit, non pas une civilisation, mais bien une barbarie de l'image.
Le livre est la mère du lecteur.
La merveille, c'est d'exister. Il n'y en a pas d'autre.
Faire au moins une fois ce qu'on ne fait jamais. Suivre, ne serait-ce qu'un jour, une heure, un autre chemin que celui où le caractère nous a mis.
Une des plus fines expériences de la vie est de cheminer avec quelqu'un dans la nature, parlant de tout et de rien.
Un livre, un vrai livre, ce n'est pas quelqu'un qui nous parle, c'est quelqu'un qui nous entend, qui sait nous entendre.
La beauté est une manière de résister au monde, de tenir devant lui et d'opposer à sa fureur une patience active.
... l'amour donné un jour, c'est pour toujours qu'il est donné.

Œuvres de Christian Bobin

Autoportait au radiateurAutoportrait au radiateurAutoportrait au radiateur (2000)Carnet du soleil (2011)Eclat du Solitaire (2011)Eloge du rien (1990)GeaiGeai (1998)Isabelle BrugesIsabelle Bruges (1992)L' homme-joie (2012)L'Equilibriste (1998)L'Homme du désastre (1986)L'Homme qui marche (1995)L'autre visageL'enchantement simpleL'enchantement simple (1989)L'homme-joie (2012)L'inespéréeL'inespérée (1994)