Auteur

Christian Bobin

Ecouter c'est quand on aime.
Il y a très peu de gens qui savent rire de leur folie.
... une seule chose compte ... c'est la gaieté, ne laisse jamais personne te l'enlever.
Passé un certain temps, l'enfant ne peut plus qu'en partir (de la famille): il lui est devenu impossible de s'y faire entendre - parce qu'on le connaît trop et parce qu'on ne le connaît plus.
... qu'avons-nous à nous dire dans la vie, sinon bonjour, bonsoir, je t'aime et je suis là encore, pour un peu de temps vivante sur la même terre que toi.
Moins aimer, c'est ne plus aimer du tout.
Le mariage est encore la meilleure façon pour une femme de devenir invisible.
... tout ce qu'on vit vraiment est secret, clandestin et volé ...
Ce qu'on pressent d'une chose est bien plus éprouvant que la chose elle-même.
... mon Dieu qui n'êtes personne, donnez-moi chaque jour ma chanson quotidienne, mon Dieu qui êtes un clown, je vous salue, je ne pense jamais à vous, je pense à tout le reste, c'est déjà bien assez de travail, amen.
Il y a d'ailleurs quelque chose de commun à ces trois figures-là: celle du père, celle de l'enseignant et celle du mari. Mon Dieu, protégez-nous des examens et de ceux qui nous les font passer.
Le travail des mères, c'est de protéger les enfants de la noire humeur des pères. Et les pères? Leur travail est, je crois, de même nature: ils sont là pour garder les enfants de la trop vive folie des mères.
Ceux qui nous aiment sont bien plus redoutables que ceux qui nous détestent. Il est bien plus difficile de leur résister, et je ne sais rien de mieux que des amis pour vous amener à faire le contraire de ce que vous souhaitez faire.
Peut-être ne fait-on jamais une chose pour elle-même, mais pour se donner le temps d'en venir à une autre qui, seule, nous ressemblera.
Ce qui ne peut danser au bord des lèvres - s'en va hurler au fond de l'âme.
... pour bien écrire le mot amour, il y faudrait plus d'encre qu'il n'y a au monde.
Celui qui donne la mort, c'est qu'il est déjà mort. Celui qui tue, c'est par manque d'air.
Car chez nous le contraire de la folie ce n'est pas la sagesse, mais la joie.
Les tombes nous ont appris - tellement de marbre sur tant de vide.
Qu'est-ce qui distingue les anges de nous? Leur très grand naturel. - Comment s'appelle le chien qui mord son maître? La gloire. - Qui rit après sa mort? La pluie dans le feuillage.
... ce qui meurt ne méritait pas de durer.
L'enfance est ce que le monde abandonne pour continuer d'être monde.
Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne - la vérité, la pluie sur le toit d'une voiture, les mots d'amour ou les pianos de Mozart.
Qu'il y ait, en cet instant où j'écris, deux personnes qui s'aiment dans une chambre, deux notes qui bavardent en riant, c'est assez pour me rendre la terre habitable.
Le plus beau don que l'on puisse nous faire dans cette vie ténébreuse est celui de la clarté - quand bien même cette clarté nous tue.

Œuvres de Christian Bobin

Autoportait au radiateurAutoportrait au radiateurAutoportrait au radiateur (2000)Carnet du soleil (2011)Eclat du Solitaire (2011)Eloge du rien (1990)GeaiGeai (1998)Isabelle BrugesIsabelle Bruges (1992)L' homme-joie (2012)L'Equilibriste (1998)L'Homme du désastre (1986)L'Homme qui marche (1995)L'autre visageL'enchantement simpleL'enchantement simple (1989)L'homme-joie (2012)L'inespéréeL'inespérée (1994)