Œuvre

Mozart et la pluie

Un tête-à-tête permanent avec Dieu, dans cette vie, serait accablant. Il faut à l'amour un peu d'absence.
L'enfance est ce que le monde abandonne pour continuer d'être monde.
Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne - la vérité, la pluie sur le toit d'une voiture, les mots d'amour ou les pianos de Mozart.
Qu'il y ait, en cet instant où j'écris, deux personnes qui s'aiment dans une chambre, deux notes qui bavardent en riant, c'est assez pour me rendre la terre habitable.
Le plus beau don que l'on puisse nous faire dans cette vie ténébreuse est celui de la clarté - quand bien même cette clarté nous tue.
Entre moi et le monde, une vitre. Ecrire est une façon de la traverser sans la briser.
Dieu descend à terre aussi naturellement que la musique de Mozart monte au ciel, mais il nous manque l'oreille pour l'entendre.
Il faut autant de génie - c'est-à-dire de courage, de songe, de patience et d'impatience, d'innocence et de ruse - pour trouver l'argent du loyer et de quoi vêtir des enfants que pour bâtir un chef-d'oeuvre.
La beauté est l'antichambre de l'amour, la beauté est la lisière d'un amour dont je ne désespérerai jamais.
L'amour comme la mort simplifie. Le vrai nom de l'amour est la simplicité.
Les heures silencieuses sont celles qui chantent le plus clair.