Sage, ce n'est pas une question de temps, c'est une question de coeur et le coeur n'est pas dans le temps.
Ce sont les noms qui font peur. Les choses sans les noms ce n'est rien, pas même des choses.
... les gens on les aime tout de suite ou jamais.
Tu sais ce que c'est la mélancolie? Tu as déjà vu une éclipse? Eh bien c'est ça: la lune qui se glisse devant le coeur, et le coeur qui ne donne plus sa lumière.
Le temps, j'en ai toujours eu besoin pour faire ce que j'avais à faire: rien.
... les dalles mortuaires ressemblent aux couvertures des livres. Même format rectangulaire. Même brièveté des informations données.
C'est fou ce qu'on peut dire comme bêtises pour retenir les gens - et c'est fou comme les gens croient aux bêtises qu'on leur dit.
... le droit élémentaire de toute personne vivant sur cette terre: disparaître sans rendre compte de sa disparition.
Le besoin de créer est dans l'âme comme le besoin de manger dans le corps.
J'ai toujours craint ceux qui partent à l'assaut de leur vie comme si rien n'était plus important que de faire des choses, vite, beaucoup.
Mourir doit ressembler à ça: nager dans le noir et que personne ne vous appelle.
Ce qui est fait pour tout le monde n'est fait pour personne.
L'enfant est celui auquel on annonce jour et nuit sa fin prochaine, certaine, voulue: grandis.
Ecouter c'est quand on aime.
Il y a très peu de gens qui savent rire de leur folie.
... une seule chose compte ... c'est la gaieté, ne laisse jamais personne te l'enlever.
Passé un certain temps, l'enfant ne peut plus qu'en partir (de la famille): il lui est devenu impossible de s'y faire entendre - parce qu'on le connaît trop et parce qu'on ne le connaît plus.
... qu'avons-nous à nous dire dans la vie, sinon bonjour, bonsoir, je t'aime et je suis là encore, pour un peu de temps vivante sur la même terre que toi.
Moins aimer, c'est ne plus aimer du tout.
Le mariage est encore la meilleure façon pour une femme de devenir invisible.
... tout ce qu'on vit vraiment est secret, clandestin et volé ...
Ce qu'on pressent d'une chose est bien plus éprouvant que la chose elle-même.
... mon Dieu qui n'êtes personne, donnez-moi chaque jour ma chanson quotidienne, mon Dieu qui êtes un clown, je vous salue, je ne pense jamais à vous, je pense à tout le reste, c'est déjà bien assez de travail, amen.
Il y a d'ailleurs quelque chose de commun à ces trois figures-là: celle du père, celle de l'enseignant et celle du mari. Mon Dieu, protégez-nous des examens et de ceux qui nous les font passer.
Le travail des mères, c'est de protéger les enfants de la noire humeur des pères. Et les pères? Leur travail est, je crois, de même nature: ils sont là pour garder les enfants de la trop vive folie des mères.