Auteur

Christian Bobin

Le mal, c'est ce à quoi je prends part. Le bien, c'est ce que je laisse venir.
Ceux qui recueillent les faveurs de la foule sont comme des esclaves qui auraient des millions de maîtres.
... penser n'est jamais qu'une manière un peu austère de raconter.
La lecture, mes amis, c'est comme la parole d'amour ou comme Dieu le Père: jouissif en diable, charnel d'abord.
Le sentiment que j'ai de la vie est un sentiment musical - la musique, comme chacun sait, accomplissant ce prodige de disparaître dans le même temps où elle apparaît.
L'écriture est la soeur cadette de la parole. L'écriture est la soeur tardive de la parole où un individu, voyageant de sa solitude à la solitude de l'autre, peuple l'espace entre les deux solitudes d'une Voie lactée de mots.
Le désenchantement est plus à craindre que le désespoir. Le désenchantement est un rétrécissement de l'esprit, une maladie des artères de l'intelligence qui peu à peu s'obstruent, ne laissent plus passer la lumière.
Etre amoureux, c'est souvent l'être «vaguement».
La vérité, vous la dites, et elle vous attire des claques ou des félicitations. Et le pire c'est que, dans un cas comme dans l'autre, personne ne vous croit. - La vérité, c'est incroyable.
Une seule femme quand elle est amoureuse suffit pour remplir le ciel et la terre ... .
Les secrets sont des piments sur le bout de la langue. Tôt ou tard ils mettent la bouche en feu.
Mon Dieu, protégez-nous de ceux qui nous aiment.
Quand on aime quelqu'un, on a toujours quelque chose à lui dire ou à lui écrire, jusqu'à la fin des temps.
Certaines choses et certains êtres ont besoin de la distance qui les sépare de nous, et que cette distance demeure infranchissable. Ils y puisent leur nourriture.
Oui, oui, oui. Je dis oui à qui veut entendre oui. Au début, ça les rassure, ensuite, ça les énerve. Ils me reprochent de dire oui et de ne tenir aucun compte de leurs conseils.
Là où il n'y a qu'un fou, tout le monde est certain de ne pas l'être. Là où il y en a deux, trois, cinq, douze, plus personne n'est à l'abri, plus moyen de savoir qui est qui.
Le vrai bonheur, c'est ça: un visage inconnu, et comment la parole peu à peu l'éclaire, le fait devenir familier, proche, magnifique, pur.
Il vaut mieux faire peu de choses et bien les savourer. On s'habitue si vite.
On croit aimer des gens. En vérité, on aime des mondes.
... toute vraie présence est épuisante.
... écrire c'est ne rien oublier de ce que le monde oublie.
L'ennui c'est de l'amour qui s'apprête en silence.
La voix claire d'aucun ennui: la poésie c'est suivre son coeur en allant à la fête.
L'écriture c'est le coeur qui éclate en silence.
Ne jamais exiger quoi que ce soit - attendre. - Ne jamais, à personne, rendre compte de ce que tu vis - rire. - Ne jamais t'imaginer cause d'un bien - rire, encore. - Ne jamais chercher une aide - attendre, encore.

Œuvres de Christian Bobin

Autoportait au radiateurAutoportrait au radiateurAutoportrait au radiateur (2000)Carnet du soleil (2011)Eclat du Solitaire (2011)Eloge du rien (1990)GeaiGeai (1998)Isabelle BrugesIsabelle Bruges (1992)L' homme-joie (2012)L'Equilibriste (1998)L'Homme du désastre (1986)L'Homme qui marche (1995)L'autre visageL'enchantement simpleL'enchantement simple (1989)L'homme-joie (2012)L'inespéréeL'inespérée (1994)