Auteur

Antonin Artaud

Car si l'on devait toujours penser à sa pensée, n'est-ce pas, pas moyen de penser, de se livrer à une opération mentale, supérieure à ce qui est proprement la pensée. Et non pas l'exsudat, la sécrétion de l'esprit, mais le mécanisme de cet exsudat.
Le cinéma se rapprochera de plus en plus du fantastique, ce fantastique dont on s'apercçoit toujours plus qu'il est en réalité tout le réel, ou alors il ne vivra pas.
Ne cherchez pas les raisons de notre rupture autre part que dans les deux abominables lettres que vous venez de m'écrire, ainsi sans raison, gratuitement, me couvrant d'imputations injurieuses et non motivées.
Notre théâtre ne va jamais jusqu'à se demander si ce système social et moral ne serait par hasard pas inique.
Quand je vis je ne me sens pas vivre. Mais quand je joue c'est là que je me sens exister.
Et tout à coup ce filet d'eau sur un volcan, la chute mince et ralentie de l'esprit.
L'objectif classe et digère la vie, il propose à la sensibilité, à l'âme, une nourriture toute prête, et nous laisse devant un monde fini et sec.
Ce qui différencie les païens de nous, c'est qu'à l'origine de toutes leurs croyances, il y a un terrible effort pour ne pas penser en hommes, pour garder le contact avec la création entière, c'est-à-dire avec la divinité.
C'est alors qu'il donne l'ordre fou, l'ordre jugé délirant, absurde, imbécile et despotique par le peuple et par tout son entourage.
Quand je lève les yeux vers vous - On dirait que le monde tremble, - Et les feux de l'amour ressemblent - Aux caresses de votre époux.
La charité et la pitié ne sont plus de ce monde et l'Amour non plus. Et pourtant tout était basé sur l'Amour mais les hommes n'ont jamais su ce que c'était.
Le tricheur est bien celui qui corrige le sort, donc le réel, donc c'est un mystique en son genre.
Les personnages vont jusqu'au bout de leurs impulsions, de leurs pensées. Ils atteignent par là à cette vérité générale qui est le but même du théâtre, tout en demeurant extrêmement typés et marqués par leur temps.
Je chie sur les vertus chrétiennes et sur ce qui chez les bouddhas et les lamas en tient lieu.
Je voudrais faire un livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n'auraient jamais consenti à aller, une porte tout simplement abouchée à la réalité.
La médecine est née du mal, si elle n'est pas née de la maladie et si elle a, au contraire, provoqué et créé de toutes pièces le malade pour se donner une raison d'être.
L'histoire des peuples est l'histoire de la trahison de l'unité.
La poésie, c'est la multiplicité broyée et qui rend les flammes.
Que je sois antisocial est un fait, mais est-ce la faute de la société ou la mienne ?
Ames par âmes j'ai poursuivi mon amour, jour après jour au fond de moi-même, non comme les notes d'une mélodie sans suite, mais comme les mesures d'un infini sans mesure.
J'ai choisi le domaine de la douleur et de l'ombre comme d'autres celui du rayonnement et de l'entassement de la matière. Je ne travaille pas dans l'étendue d'un domaine quelconque. Je travaille dans l'unique durée.
Paysages de convulsions fortes, de traumatisme forcenés, comme d'un corps que la fièvre travaille pour l'amener à l'exacte santé.
Il est venu un temps, martèle-t-il, ou il fallut choisir entre renoncer à être homme ou devenir un aliéné évident.
Je voudrais faire un Livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n'auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité.
Vous êtes une fleur unique que le monde ne veut pas laisser vivre.

Œuvres de Antonin Artaud

A la grande nuit ou le Bluff surréalisteA propos du cinémaBilboquetChez les Tarahumaras (1955)Ci-GîtD'un voyage au pays des Tarahumaras (1945)Dans revue 84, n° 16Deux projets de mise en scèneHistoire entre la groume et Dieu (1947)Héliogabale ou l'Anarchiste couronnéHéliogabale ou l'Anarchiste couronné (1934)Héliogable ou l'anarchiste couronné (1934)L'Ombilic des Limbes suivi du Pèse-nerfs et autres textes, Antonin Artaud, éd. Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 1954, « Antonin Artaud à Jacques Rivière, Paris, le 29 janvier 1924 », p. 24L'Ombilic des limbesL'Ombilic des limbes (1925)L'Ombilic des limbes (1925), L'amour sans trêveLe Moine (1931)Le Pèse-Nerfs (1925)Le Théâtre et son double (1938)Le Théâtre et son double (1938), Ma mise en scène et la métaphysique