Œuvre

Le Théâtre et son double (1938)

D'ailleurs tous ces bruits sont liés à des mouvements, ils sont comme l'achèvement naturel des gestes qui ont la même qualité qu'eux.
... une sorte d'harmonie visuelle foudroyante, je veux dire dont l'acuité agit tout entière et se rassemble dans un seul regard.
Il y a 380 points dans l'acupuncture chinoise, dont 73 principaux et qui servent à la thérapeutique courante.
(Le metteur en scène) n'est qu'un artisan, un adaptateur, une sorte de traducteur éternellement voué à faire passer une oeuvre dramatique d'un langage dans un autre ...
Notre anarchie et notre désordre d'esprit est fonction de l'anarchie du reste.
La poésie est anarchique dans la mesure où elle remet en cause toutes les relations d'objet à objet et des formes avec leur significations.
Jamais quand c'est la vie elle même qui s'en va, on n'a autant parlé de civilisation et de culture.
Une des raisons de l'atmosphère asphyxiante, dans laquelle nous vivons sans échappée possible et sans recours ... est dans ce respect de ce qui est écrit, formulé ou peint, et qui a pris forme, comme si toute expression n'était pas enfin à bout.
Les situations dramatiques et psychologiques ici ont passé dans la mimique même du combat, qui est fonction du jeu athlétique et mystique des corps.
Sous tout cela la poésie demeure une diffuse notion de sublime qui ne se perçoit plus que sous son aspect atterrant.
Il ne balance pas un instant, il n'hésite pas une minute; et il montre par là combien peu comptent toutes les barrières qui pourraient lui être opposées.
Sortant de son repos et se distendant jusqu'à l'être, Brahma souffre d'une souffrance qui rend des harmoniques de joie peut-être, mais qui à l'extrémité ultime de la courbe ne s'exprime plus que par un affreux broiement.
On doit en finir avec cette idée des chefs-d'oeuvre réservés à une soi-disant élite, et que la foule ne comprend pas.
Si le signe de l'époque est la confusion, je vois à la base de cette confusion une rupture entre les choses, et les paroles, les idées, les signes qui en sont la représentation.
Avant d'en revenir à la culture je considère que le monde a faim, et qu'il ne se soucie pas de la culture; et que c'est artificiellement que l'on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées que vers la faim.
Il assiste à toutes les déroutes de la morale, à toutes les débâcles de la psychologie.
Et ce souffle nous le localisons, nous le répartissons dans des états de contraction et de décontraction combinés. Nous nous servons de notre corps comme d'un crible où passent la volonté et le relâchement de la volonté.
Le secret du théâtre dans l'espace c'est la dissonance, le décalage des timbres, et le désenchaînement dialectique de l'expression.
Et ce que le théâtre peut encore arracher à la parole, ce sont ces possibilités d'expansion hors des mots, de développement dans l'espace, d'action dissociatrice et vibratoire sur la sensibilité.
L'atmosphère asphyxiante, dans laquelle nous vivons sans échappée possible.
On doit en finir avec cette idée des chefs-d'oeuvre réservés à une soi-disant élite et que la foule ne comprend pas.
Le cinéma se rapprochera de plus en plus du fantastique, ce fantastique dont on s'apercçoit toujours plus qu'il est en réalité tout le réel, ou alors il ne vivra pas.
Quand je vis je ne me sens pas vivre. Mais quand je joue c'est là que je me sens exister.
C'est alors qu'il donne l'ordre fou, l'ordre jugé délirant, absurde, imbécile et despotique par le peuple et par tout son entourage.