Auteur

André Malraux

Aucun art ne fut distinct jadis des valeurs exclusives et non spécifiques qu'il servait et qui rendait invisible tous les arts qui ne les servaient pas.
Si profonde que soit sa foi, de qui se sent-il le plus proche: d'un italianisant, mennonite comme lui, ou d'un athée qui le comprend sa peinture?
Si les dieux semblent faire des styles, les styles ne semblent pas moins faire des dieux.
Dieu a envoyé Elsa à Aragon pour venger tous les gens qu'il a emmerdés.
La vie ne vaut rien. - Mais rien ne vaut la vie.
Si l'on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi.
Le passé ne nous fascine pas dans la mesure où il ressemble à notre temps; ce qui nous fascine, ce sont les formes que l'homme a prises sur la terre, et à travers lesquelles nous tentons de le connaître.
L'essentiel est à mes yeux ceci: aimer un être n'est pas le tenir pour merveilleux, c'est le tenir pour nécessaire.
Les idées ne sont pas faites pour être pensées mais vécues.
Le Christ, c'est un anarchiste qui a réussi. C'est le seul.
Ceux qui croient que le pouvoir est amusant confondent «pouvoir» et «abus de pouvoir».
Les musées sont pour moi des lieux où les oeuvres du passé, devenues mythes, dorment en attendant que les artistes les appellent à une existence réelle.
Toute civilisation est impénétrable pour une autre. Mais les objets restent, et nous sommes aveugles devant eux jusqu'à ce que nos mythes s'accordent à eux.
Le poids du destin menace tous les hommes. Un seul d'entre eux voit s'offrir à lui une possibilité de recours: l'artiste.
Pas de force, même pas de vraie vie sans la certitude, sans la hantise de la vanité de l'action.
L'homme ne se construit qu'en poursuivant ce qui le dépasse.
Le musée est un des lieux qui donnent la plus haute idée de l'homme.
La vie est une matière, il s'agit de savoir ce que l'on en fait.
Dès qu'il s'agit des hommes, le mot «connaître» me rend rêveur.
Aucun homme n'était mort, jamais: ils avaient passé comme les nuages qui tout à l'heure se résorbaient dans le ciel; lui seul allait mourir, être arraché.
La souffrance, j'aime mieux la diminuer que d'en rendre compte.
On va sur la Lune mais si c'est pour s'y suicider, à quoi cela sert-il?
La mort est là comme la preuve irréfutable de l'absurdité de la vie.
Il faut beaucoup de morts pour faire avancer l'homme d'un centimètre.
Les hommes sont la vermine de la terre.

Œuvres de André Malraux

A la Conférence des Pays Francophones, Niamey, 17 février 1969.Allocution au Congrès de l'Oeuvre du XXe siècle, 31 mai 1952.Antimémoires (1967)ApocrypheCité par Georges Duthuit dans Le Musée inimaginable (1956).Cité par Guy Suarès dans Malraux, celui qui vient (1979).Cité par Jean-François Deniau.Cité par Roger Stéphane dans Toutes choses ont leur saison (1979).Discours, Inauguration de la Maison de la Culture de Grenoble, 13 février 1968Discours, à l'Assemblée Nationale, 29 décembre 1945.Discours, à l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens, 19 mars 1966.Discours, à l'inauguration de la maison de la culture de Bourges, avril 1964Discours, à la Chambre des députés, 1945Esquisse d'une psychologie du cinéma (1946)Interview dans L'Express, 7 juin 1976.Interview à Pierre Desgraupes, Le Point, 10 novembre 1975L'Espoir (1937)L'Homme précaire et la Littérature (1977)L'Homme précaire et la Littérature (1977)La Condition humaine (1933)