Auteur

André Gide

Mon bonheur est d'augmenter celui des autres. J'ai besoin du bonheur de tous pour être heureux.
Je me repens d'avoir assombri ma jeunesse, d'avoir préféré l'imaginaire au réel, de m'être détourné de la vie.
Sache comprendre la fable grecque : elle nous enseigne qu'Achille était invulnérable, sauf en cet endroit de son corps qu'attendrissait le souvenir du contact des doigts maternels.
Il me semble toujours que c'est dans la gourmandise que l'égoïsme se manifeste le plus honteusement.
Comme j'irais bien, sans tous ces gens, qui me crient que je vais mal !
Ils s'obstinent à voir dans Les Faux-monnayeurs un livre manqué. On disait la même chose de L'Education sentimentale de Flaubert, et des Possédés de Dostoïevski.
Fais ton bonheur d'augmenter celui de tous.
Mon esprit est avant tout ordonnateur. Mais mon coeur souffre de laisser rien à la porte.
Comme Chopin par les sons, il faut se laisser guider par les mots.
La nécessité de l'option me fut toujours intolérable, choisir m'apparaissait non tant élire, que repousser ce que je n'élisais pas.
Un bonheur fait d'erreur et d'ignorance, je n'en veux pas.
C'est mon enfance solitaire et rechignée qui m'a fait ce que je suis.
On appelle joie cet état de l'être qui n'a besoin de rien pour se sentir heureux.
Dieu, disait Ménalque, c'est ce qui est devant nous.
L'exigence de mon oreille, jusqu'à ces dernières années, était telle, que j'aurais plié la signification d'une phrase à son nombre.
Je parviens bien difficilement, bien rarement, à avoir le même âge tous les jours.
Je n'ai jamais bramé pour personne.
Attendons de partout la révélation des choses ; du public, la révélation de nos oeuvres.
Je sens en moi, certains jours, un tel envahissement du mal, qu'il me semble déjà que le mauvais prince y procède à un établissement de l'Enfer.
J'ai connu ce destin bizarre (peut-être unique) d'être magnifié par l'attaque avant de l'avoir été par l'éloge. La caricature a pris le pas sur le portrait. Cela donnait beau jeu à mes ennemis.
Je tiens que la meilleure explication d'une oeuvre ce doit être l'oeuvre suivante.
Il faut porter jusqu'à la fin toutes les idées qu'on soulève.
Chaque être ne comprend vraiment en autrui que les sentiments qu'il est capable lui même de fournir.
Inquiéter, tel est mon rôle.
Supprimer en soi le dialogue, c'est proprement arrêter le développement de la vie. Tout aboutit à l'harmonie. Plus sauvage et plus persistante avait été la discordance, plus large est l'épanouissement de l'accord.

Œuvres de André Gide

Ainsi soit-ilAinsi soit-il (1952)Ainsi soit-il (Dernières lignes écrites par Gide)Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (1952)AjaxAttendu que...Caractères (1925)Carnets d'EgypteConférence prononcée à Beyrouth en 1946Correspondance avec Francis JammesCorrespondance, Gide - Martin du GardCorrespondance, à André Rouveyre, 31 octobre 1924Correspondance, à François Mauriac.CorydonCorydon (1920)Corydon (1920), PréfaceDe l'influence en littérature (1900)DiversDivers (1931), CaractèresDivers (1931), Un esprit non prévenu