Œuvre

Le Journal des Faux-Monnayeurs (1926)

Les plus douteux égarements de la chair m'ont laissé l'âme plus tranquille que la moindre incorrection de mon esprit.
Il n'y a guère de «règles de vie» dont on ne puisse se dire qu'il y aurait plus de sagesse à en prendre le contre-pied qu'à les suivre.
Je ne puis admirer pleinement le courage de celui qui méprise la vie.
J'en tiens pour le paradoxe de Wilde en art: la nature imite l'art; et la règle de l'artiste doit être, non pas de s'en tenir aux propositions de la nature, mais de ne lui proposer rien qu'elle ne puisse, qu'elle ne doive imiter.
Je sens en moi, certains jours, un tel envahissement du mal, qu'il me semble déjà que le mauvais prince y procède à un établissement de l'Enfer.
Chaque être ne comprend vraiment en autrui que les sentiments qu'il est capable lui même de fournir.
Inquiéter, tel est mon rôle.