Auteur

André Gide

A mesure qu'une âme s'enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l'amour de la réalité.
En vérité, le bonheur qui prend élan sur la misère, je n'en veux pas.
Ce qui nous touche de trop près n'est jamais de conquête bien profitable.
Il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions. L'esprit de l'homme invente ensuite le problème.
Si notre âme a valu quelque chose, c'est qu'elle a brûlé plus ardemment que quelques autres.
Envier le bonheur d'autrui, c'est folie ; on ne saurait pas s'en servir. Le bonheur ne se veut pas tout fait, mais sur mesure.
Ne pas savoir qui est son père, c'est ça qui guérit de la peur de lui ressembler.
Bien des choses se feraient facilement, sans les chimériques objections, que parfois les hommes se plaisent à inventer.
Le rêve de demain est une joie, mais la joie de demain en est une autre, et rien heureusement ne ressemble au rêve qu'on s'en était fait ; car c'est différemment que vaut chaque chose.
Où tu ne peux pas dire : tant mieux, dis : tant pis. Il y a là de grandes promesses de bonheur.
Ce que l'on nous sert aujourd'hui eût souvent gagné à mûrir. Telle pensée qui d'abord nous occupe et nous paraît éblouissante, n'attend que demain pour flétrir.
Je gage qu'avant vingt ans, les mots : contre nature, antiphysique, etc. , ne pourront plus se faire prendre au sérieux. Je n'admets qu'une chose au monde pour ne pas être naturelle : c'est l'oeuvre d'art.
Un extraordinaire, un insatiable besoin d'aimer et d'être aimé, je crois que c'est cela qui a dominé ma vie, qui m'a poussé à écrire.
C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature.
En admirable état pour le travail, la conversation... pour n'importe quoi. L'embêtant, c'est qu'on est en forme pour tout à la fois, ou pour rien. Ce matin, je cirerais les chaussures avec génie.
Je signe du ridicule nom qui est le vôtre, que je voudrais pouvoir vous rendre, et qu'il me tarde de déshonorer. Bernard Profitendieu.
La perception commence au changement de sensation ; d'où la nécessité du voyage.
Je pensais au voyage, je me répétais : Plus qu'un jour ! ... je crus devoir lui écrire ces quelques mots : La perception commence au changement de sensation ; d'où la nécessité du voyage.
On ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue, d'abord et longtemps, tout rivage.
Ose devenir ce que tu es. Ne te tiens pas quitte à bon compte. Il y a d'admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse : Il ne tient qu'à moi.
Je relis aujourd'hui mes notes de voyage. Pour qui les publier ?
Les lois et les morales sont essentiellement éducatrices, et par cela même provisoire.
Supprimer en soi le dialogue, c'est proprement arrêter le mouvement de la vie.
Pour mener un cheval à l'abreuvoir, un enfant suffit ; mais vingt hommes ne sauraient le forcer à boire.
L'important est de ne pas se laisser empoisonner. Or la haine empoisonne.

Œuvres de André Gide

Ainsi soit-ilAinsi soit-il (1952)Ainsi soit-il (Dernières lignes écrites par Gide)Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (1952)AjaxAttendu que...Caractères (1925)Carnets d'EgypteConférence prononcée à Beyrouth en 1946Correspondance avec Francis JammesCorrespondance, Gide - Martin du GardCorrespondance, à André Rouveyre, 31 octobre 1924Correspondance, à François Mauriac.CorydonCorydon (1920)Corydon (1920), PréfaceDe l'influence en littérature (1900)DiversDivers (1931), CaractèresDivers (1931), Un esprit non prévenu