Auteur

Amélie Nothomb

La philologie mène au crime.
Honte typique de la petite enfance: au lieu de tirer orgueil de sa plus grande exigence, la vivre comme une coupable singularité, puisque l'idéal consiste à se montrer semblable aux individus de son âge.
On voit tout de suite quand quelqu'un lit. Celui qui lit vraiment n'est pas là.
L'être humain est une citadelle. Les sens en sont les portes.
Quand on est destiné à devenir un coupable, il n'est pas nécessaire d'avoir quelque chose à se reprocher.
Les gens qui aiment sont toujours intarissables sur l'objet de leur amour.
On a déjà tant à aimer quand on ne sait de l'aimée que son prénom.
Quand on aime, on parle dans sa tête à l'être aimé.
(Elle) se mit à tapoter, avec une vitesse fulgurante, sur sa calculette dont elle n'avait même pas besoin de regarder le clavier.
Il y a un instant, entre la 15ème et la 16ème gorgée de champagne où tout homme est un aristocrate.
Aussi longtemps qu'il existerait des fenêtres, le moindre humain de la terre aurait sa part de liberté.
Bien plus des les problèmes métaphysiques, ce sont les infimes contrariétés qui signalent l'absurdité de l'existence.
Je ne peux pas vous empêcher de parler ce n'est pas interdit. Vous ne pouvez pas me forcer à répondre ce n'est pas obligatoire.
Moi ce que j'aime dans la vie ce sont les nuisances autorisées. Elles sont d'autant plus amusantes que les victimes n'ont pas le droit de se défendre.
Vous savez, les adultes apprennent aux enfants à dire bonjour à la dame et à ne pas se mettre les doigts dans le nez. Ils ne leur apprennent pas à ne pas tuer leurs petits camarades de classe.
C'est flatteur, un viol. Ca prouve qu'on est capable de se mettre hors-la-loi pour vous.
Le coupable va vers son châtiment comme l'eau vers la mer, comme l'offensé vers sa vengeance.
Le verbe refouler, c'est le mot fourre-tout du XXe siècle.
On ne peut risquer que sa vie. Et si on ne la risque pas, on ne vit pas.
C'est drôle, ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gâché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-même, sans l'aide de quiconque.
Ceux qui s'évadent meurent perdus dans un excès d'espace. C'est le paradoxe de l'infini: on pressent une liberté qui n'y existe pas. C'est une prison si grande qu'on n'en sort jamais.
Je lis comme je mange: ça ne signifie pas seulement que j'en ai besoin, ça signifie surtout que ça entre dans mes composantes et que ça les modifie.
La fuite donne la plus formidable sensation de liberté qui se puisse éprouver.
Nous étions consternés. Surtout moi qui étais à l'origine de cette invasion - de ce déferlement de graisse sous notre toit.
Les employés de Yumimoto, comme les zéros, ne prenaient leur valeur que derrière les autres chiffres. Tous, sauf moi, qui n'atteignais même pas le pouvoir de zéro.

Œuvres de Amélie Nothomb

Acide sulfurique (2005)Antéchrista (2003)AttentatAttentat (1997)Barbe bleue (2012)Biographie de la faimBiographie de la faim (2004)Cosmétique de l'ennemi (2001)Hygiène de l'assassinHygiène de l'assassin (1992)Journal d'Hirondelle (2006)La Métaphysique des tubesLa Nostalgie heureuse (2013)Le Fait du prince (2008)Le Sabotage amoureux (1993)Le Voyage d'Hiver (2009)Le sabotage amoureuxLes CatilinairesLes Catilinaires (1995)Les Combustibles