Œuvre
Stupeur et tremblements (1999)
(Elle) se mit à tapoter, avec une vitesse fulgurante, sur sa calculette dont elle n'avait même pas besoin de regarder le clavier.
Aussi longtemps qu'il existerait des fenêtres, le moindre humain de la terre aurait sa part de liberté.
Les employés de Yumimoto, comme les zéros, ne prenaient leur valeur que derrière les autres chiffres. Tous, sauf moi, qui n'atteignais même pas le pouvoir de zéro.
Mon tonneau des Danaïdes ne cessait de se remplir de chiffres que mon cerveau percé laissait fuir.
Malgré sa relative ascension professionnelle, il était un Nippon parmi des milliers, à la fois esclave et bourreau maladroit d'un système qu'il n'aimait sûrement pas mais qu'il ne dénigrerait jamais, par faiblesse et manque d'imagination.
Tu es un arc trop grand pour ces minables archers.
Ton devoir est de te sacrifier pour autrui. Cependant, n'imagines pas que ton sacrifice rendra heureux ceux auxquels tu le dédieras. Cela leur permettra de ne pas rougir de toi. Tu n'as aucune chance ni d'être heureuse ni de rendre heureux.
Tu as faim ? mange à peine, car tu dois rester mince, non pas pour leplaisir de voir les gens se retourner sur ta silhouette dans la rue, ils ne le feront pas, mais parce qu'il est honteux d'avoir des rondeurs...
Le sommeil qui vous aspire comme un lavabo qui vide, les rares vacances dont personne ne connaît le mode d'emploi : rien qui mérite le nom de vie.
Un Japonais qui s'excuse pour de vrai, cela arrive environ une fois par siècle.
Ce mot avait de quoi me faire plaisir. Mais il comportait un détail qui me ravit au plus haut point : il était écrit en japonais.
C'est une grande chose que de savoir quand on va mourir. On peut s'organiser et faire de son dernier jour une oeuvre d'art.
Le Japon est un pays qui sait ce que «craquer» veut dire.
L'hygiène sanitaire ne va pas sans hygiène mentale.
A présent, j'ai compris : c'est une véritable handicapée mentale. Tout s'explique.
Fubuki, je suis Dieu. Même si tu ne me crois pas, je suis Dieu.
Pense à ce qui en vaut la peine : ta réputation posthume.
Toute existence connait son jour de traumatisme primal, qui divise cette vie en un avant et un après et dont le souvenir même furtif suffit à figer dans une terreur irrationnelle, animale et inguérissable.