Ce mot avait de quoi me faire plaisir. Mais il comportait un détail qui me ravit au plus haut point : il était écrit en japonais.

À lire aussi de Amélie Nothomb

Nous sommes dans cette situation luxueuse d'être au même instant l'auteur et le lecteur : un écrivain qui créerait pour son propre enchantement. Nul besoin de stylo ou de clavier lorsque l'on écrit dans le tissu de son délice.
La lecture était le lieu privilégié de l'admiration. Je me mis à lire beaucoup pour admirer souvent.
Pilate se leva et déclara : - \r\n- Accusé, tu seras crucifié.\r\nJ'ai aimé son économie de langage. Le génie du latin ne commet jamais de pléonasme. J'aurais détesté qu'il dise : \"Tu seras crucifié à mort\". Une crucifixion n'a pas d'autre issue possible.
Malgré sa relative ascension professionnelle, il était un Nippon parmi des milliers, à la fois esclave et bourreau maladroit d'un système qu'il n'aimait sûrement pas mais qu'il ne dénigrerait jamais, par faiblesse et manque d'imagination.
Peu glorieuse la fuite ? C'est pourtant mieux que de se laisser attraper. Le seul déshonneur, c'est de ne pas être libre.
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(Elle) se mit à tapoter, avec une vitesse fulgurante, sur sa calculette dont elle n'avait même pas besoin de regarder le clavier.
Aussi longtemps qu'il existerait des fenêtres, le moindre humain de la terre aurait sa part de liberté.
Les employés de Yumimoto, comme les zéros, ne prenaient leur valeur que derrière les autres chiffres. Tous, sauf moi, qui n'atteignais même pas le pouvoir de zéro.
Mon tonneau des Danaïdes ne cessait de se remplir de chiffres que mon cerveau percé laissait fuir.
Malgré sa relative ascension professionnelle, il était un Nippon parmi des milliers, à la fois esclave et bourreau maladroit d'un système qu'il n'aimait sûrement pas mais qu'il ne dénigrerait jamais, par faiblesse et manque d'imagination.