Auteur

Agnès Varda

Jean Yanne avait cette qualité des acteurs qui n'ont pas le souci d'être épatants ou de faire des performances. Il interprétait le personnage qu'on lui demandait d'être à sa manière, avec une justesse inégalable.
Si on ouvrait des gens, on trouverait des paysages. Si on m'ouvrait moi, on trouverait des plages.
Je ne sais pas à quel moment j'ai pris conscience que ce n'était pas seulement la question d'être libre mais que le combat des femmes serait collectif ou ne serait pas. Parmi les revendications, la plus urgente était le droit d'avoir des enfants ou pas.
J'essayais de vivre un féminisme joyeux, mais en fait j'étais très en colère. Les viols, les femmes battues, les femmes excisées. Les femmes avortées dans des conditions épouvantables. Des jeunes filles qui allaient se faire faire un curetage à l'hôpital et des jeunes internes qui leurs disaient : pas d'anesthésie ça vous apprendra !
On avait tout dit quand on disait film d'époque, on se serait cru chez les antiquaires. Mon ignorance totale des beaux films très anciens ou récents m'a permis d'être naïve et culottée quand je me suis lancée dans le métier d'image et de son.
Rire comme un fou ou comme une folle n'est pas aussi intéressant que d'avoir un fou rire.
La photographie me semblait par trop muette. C'était un peu Sois belle et tais-toi. Belles photos, beaux cadres, cela puait déjà.
Je ne veux pas montrer, mais donner l'envie de voir.
Je me souviens que j'avais envie de mots. Je croyais que si on mettait d'un côté des images, de l'autre côté des mots, ça ferait du cinéma. Bien sûr que j'ai appris que c'était autre chose, après.
P comme Parapluies : ils sont toujours de Cherbourg comme les bêtises toujours de Cambrai, les demoiselles toujours de Rochefort, l'encre toujours de Chine, les saucisses souvent de Francfort, les calissons toujours d'Aix et Jacquot toujours de Nantes.
J'ai toujours aimé le mixte entre l'imagination et la réalité: voir surgir une vision dans un contexte documentaire.
Quelqu'un m'a rappelé le titre d'un roman de Gertrude Stein: Autobiographie de tout le monde. J'aimerais bien avoir fait cela. Je pense qu'à divers moments du film, n'importe qui peut être en phase avec des émotions qu'il dégage.
Pour moi, le cinéma est une expérience passionnante et périlleuse parce que j'essaie de trouver une écriture vivante, entre le hasard et le travail.
Les souvenirs sont comme des bulles qui remontent.
J'ai peu d'argent, mais le luxe, c'est de tourner à mon rythme, en alternant tournage et montage, en repartant tourner après avoir monté, en évoluant dans l'aléatoire, mais toujours avec des options de cinéma.
L'amour est comme un ressort qui tend ma vie.
Je suis dans le compagnonnage avec les morts. J'aime qu'il n'y ait pas de déclaration sur ces choses. On ne sait pas ce qui se passe, mais ça continue.
En 1954, j'étais photographe au TNP et je connaissais peu le cinéma. Il me semblait alors que beaucoup de “révolutions littéraires” n'avaient pas leur équivalent à l'écran. Aussi me suis-je inspirée, pour mes recherches, de Faulkner, de Brecht, essayant de briser la construction du récit, de trouver un ton à la fois objectif et subjectif, de laisser au spectateur sa liberté de jugement et de participation
Les féministes ont raison de gueuler !
Je ne suis pas comme vous accrochée à Internet donc j'aime bien voir des choses qui se passent à la surface de la terre.
Le bonheur est un cadeau, c'est toujours un plus.
C'est la grâce le bonheur. Une espèce de joie de vivre, c'est un cadeau, une capacité d'être heureux au fond.
Le bonheur ne se raconte pas, c'est une saveur.
La beauté de l'amour c'est cela. Le hasard vous fait rencontrer une personne.

Œuvres de Agnès Varda

Interview Le Figaro en décembre 2008Interview Le Monde en 1962Interview Le Monde, Laurent Carpentier, le 10 novembre 2017Jacques Demy et Agnès Varda à propos du bonheur, Démons et merveilles du cinéma video, 19 décembre 1964Les Plages d'Agnès (2008), écrit par Agnès VardaLors du \"Women In Motion\", le 3 juillet 2018Réactions à la mort de Jean Yanne, le 23 mai 2003.Sans toit ni loi - Scénario du filmVarda par Agnès