Œuvre

Réactions à la mort de Jean Yanne, le 23 mai 2003.

C'est un type qui avait en fait pour son fils, et aussi parfois pour ses amis, des océans de tendresse.
Par son humour singulier et sa personnalité généreuse, il aura marqué de son empreinte le monde de la télévision et du cinéma français.
En 53 années de compagnonnage hilarant, je me suis aperçu que Jean Yanne était beaucoup plus qu'un acteur, beaucoup plus qu'un metteur en scène, le premier humoriste français.
Je suis catastrophé, parce que des rigolos il y en a beaucoup, des Yanne, il n'y en avait qu'un.
J'adorais son côté libertaire et anarcho-cynique. Comme tous les humoristes, il avait un regard dépourvu d'illusion sur la bêtise humaine et sur la vanité des choses.
Jean Yanne avait cette qualité des acteurs qui n'ont pas le souci d'être épatants ou de faire des performances. Il interprétait le personnage qu'on lui demandait d'être à sa manière, avec une justesse inégalable.
C'est quelqu'un dont j'admirais l'étendue du talent en tant qu'homme de radio, acteur, cinéaste et chansonnier. Il y avait dans toutes ses activités une sorte d'unité, un ton nouveau, corrosif, de dérision et d'auto-dérision.