Aucune couleur de peau n'autorise à faire son marché dans l'histoire. Car être français, ce n'est pas une affaire de couleur.

À lire aussi de Tania de Montaigne

si un philosophe, appelons-le Alain F., dit «J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde féminine de foot», ça n'est pas pareil que s'il dit « J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde de foot féminin ». En plus de mettre en lumière le rapport compliqué du philosophe avec les femmes en short (voire avec les femmes tout court), la place du mot «féminin» change imperceptiblement le sens de la phrase.
Tokyo est évidemment le lieu parfait. Tokyo c'est loin, les gens y vivent vieux, mangent du riz et sont rarement diabétiques. Compte tenu de ce qui m'arrive, savoir que je ne finirai pas aveugle et amputée des deux jambes est une joie
Dans le monde, toutes les trois minutes, une femme est quittée, il y a trois minutes, c'était moi. Dans le monde, toutes les trois minutes, une femme est quittée, n'importe quelle femme, une belle, une moche, une pas gentille, une très sympa, une qui raconte mal les blagues, une Américaine avec des faux ongles, une coureuse de fond mexicaine, une vidéaste hongroise qui déclame des chansons réalistes habillée en poulet. N'importe quelle femme.
C'est du vide, c'est l'immuable, c'est l'immobile. Parfois, les gens regardent leurs parents et se disent : « Cet homme, cette femme, c'est moi en vieux, voilà comment je serai plus tard. » Mon père, c'est moi en mort.
Alors, quelle est la différence entre un «Bleu» et une «Bleue» ? Peut-être le regard que nous portons sur eux.
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Dans la même œuvre

Tout ce qui a été fait jusqu'au 11 septembre 2001 consistait à dire : « Ne relevons pas les différences, faisons comme si tout le monde était blanc et catholique. » Bon, ça ne marche pas. Ce silence a eu pour conséquence de faire émerger des gens qui ne veulent exister que par leur différence..., alors que ce qui serait intéressant aujourd'hui serait de pouvoir dire qu'il existe différentes couleurs que l'on peut tout à fait nommer, mais que, pour autant, on ne peut rien en déduire !
Je suis française depuis cinq siècles, mais comme je suis noire, je serais forcément d'ailleurs. Si vous êtes sympa, vous vous émerveillez de ma capacité à être là, si vous êtes raciste, vous me proposez de rentrer « chez moi ». En fait, dans les deux cas, vous supposez que je n'ai pas d'appartenance possible : les Noirs ne seraient traversés ni par l'histoire, ni par la singularité, ni par toute forme de culture. Cela signifierait que nous serions toujours étrangers à tout ce qui se passe ici et que nous ne pourrions nous imprégner de rien...
Entre Michelle Obama et une migrante érythréenne, je ne sais pas ce qu'est une femme noire !
Je suis française depuis cinq siècles, mais comme je suis noire, je serais forcément d'ailleurs.