Vous êtes une femme, donc moins qu'un homme, et vous êtes noire, donc moins que rien.
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Alors, quelle est la différence entre un «Bleu» et une «Bleue» ? Peut-être le regard que nous portons sur eux.
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A deux, on grossit, à un, on s'affine, on s'étire comme une sculpture de Giacometti, tendue à l'extrême, un jeu de matière, une tête et des pieds, la terre et le ciel, au milieu rien.
J'écris la vie des autres en attendant de vivre la mienne.
Avec du silence l'autre projette, le mutisme oblige celui d'en face à tendre l'oreille à son propre discours, il s'écoute et croit que c'est vous qui parlez, il vous trouve intelligent et drôle, il vous aime. Ou alors, il vous hait de lui donner à entendre son vide.
si un philosophe, appelons-le Alain F., dit «J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde féminine de foot», ça n'est pas pareil que s'il dit « J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde de foot féminin ». En plus de mettre en lumière le rapport compliqué du philosophe avec les femmes en short (voire avec les femmes tout court), la place du mot «féminin» change imperceptiblement le sens de la phrase.
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Quelle est la différence entre un « Bleu » et une « Bleue » ? Comme ça, a priori, on aurait tendance à dire qu'il n'y a que le sexe qui change, c'est pourquoi l'un s'écrit sans «e», et l'autre avec. Oui, au premier abord, à part le sexe, tout paraît semblable, maillots, shorts, ballons, règles d'arbitrage, taille du terrain, sélections, entraînements, rires, larmes, on a gagné, on a perdu, on est les champions, on est les championnes. Identique. Mais, le diable se cache dans les détails et les mots ont leur importance.
si un philosophe, appelons-le Alain F., dit «J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde féminine de foot», ça n'est pas pareil que s'il dit « J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde de foot féminin ». En plus de mettre en lumière le rapport compliqué du philosophe avec les femmes en short (voire avec les femmes tout court), la place du mot «féminin» change imperceptiblement le sens de la phrase.
Alors qu'il ne viendrait à l'esprit de personne de parler de «foot masculin», quand on accole l'adjectif «féminin» tout de suite après football, on induit l'idée que les deux sexes ne jouent pas exactement à la même chose. Ce qui laisse à penser que les Bleues s'adonnent à un sport spécialement conçu pour les femmes, un ersatz de la discipline originale.
Un «Bleu», c'est un homme qui joue au foot, alors qu'une «Bleue», c'est une personne qui joue au football féminin. Il y a le foot d'un côté, le vrai, et puis ce truc de fille de l'autre. On imagine bien des femmes courant en escarpin sur un mini-terrain et donnant des coups de pieds dans des sacs à main jusqu'à finir par en lancer un dans un filet.
La vraie différence entre un Bleu et une Bleue, ça n'est pas le football qui, lui, n'a pas de genre. Non, c'est qu'elles seront payées dix fois moins que leurs homologues masculins et qu'en plus de se coltiner des entraînements de dingue où elles font des pompes sur une main, elles devront répondre à des interviews passionnantes où on leur pose des questions comme : «Et vous avez envie d'avoir une enfant ?» ou «Et le mariage vous y pensez ?» ou «C'est important d'être féminine, non ?»