Alors qu'il ne viendrait à l'esprit de personne de parler de «foot masculin», quand on accole l'adjectif «féminin» tout de suite après football, on induit l'idée que les deux sexes ne jouent pas exactement à la même chose. Ce qui laisse à penser que les Bleues s'adonnent à un sport spécialement conçu pour les femmes, un ersatz de la discipline originale.
❧
A deux, on grossit, à un, on s'affine, on s'étire comme une sculpture de Giacometti, tendue à l'extrême, un jeu de matière, une tête et des pieds, la terre et le ciel, au milieu rien.
◆
À lire aussi de Tania de Montaigne
Ce que je sais : la tristesse se digère moins bien que les coquillettes. Je mange des coquillettes sauce cafard.
Je dis que les Noirs, avec un N majuscule, n'existent pas, indique la romancière. Ce qui est très différent du fait qu'il y ait des noirs, des blancs, des jaunes. À un moment, je n'avais pas de majuscule : j'étais noire sans majuscule. C'est à dire à la fois une couleur de peau et de plein d'autre choses. Et à un moment, quelque chose se fige et on décide que je suis noire avec une majuscule, c'est à dire que je fais des choses de Noire. Avec une majuscule.
Vous êtes une femme, donc moins qu'un homme, et vous êtes noire, donc moins que rien.
Alors, quelle est la différence entre un «Bleu» et une «Bleue» ? Peut-être le regard que nous portons sur eux.
Dans la même œuvre
Etre étranger, c'est constater que l'Autre est une aventure, que tout cri n'est pas hostile.
Ce que je sais : « on » n'est pas indéfini, c'est « je » qui manque de précision.
Ce que je sais : la tristesse se digère moins bien que les coquillettes. Je mange des coquillettes sauce cafard.
Être étranger, c'est être sous l'eau quand d'autres vous parlent à la surface, les sons pénètrent, mais pas le sens
Être étranger, c'est sourire et opiner du chef, c'est lire sur les lèvres, juste pour le plaisir de s'assurer que ça ne change strictement rien.