Être étranger, c'est être sous l'eau quand d'autres vous parlent à la surface, les sons pénètrent, mais pas le sens
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Etre étranger, c'est constater que l'Autre est une aventure, que tout cri n'est pas hostile.
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Si les femmes quittées croient toujours qu'elles vont tomber de haut, finalement elles ne tombent que de leur hauteur. Ce que je sais : une femme, c'est pas si haut.
Alors, quelle est la différence entre un «Bleu» et une «Bleue» ? Peut-être le regard que nous portons sur eux.
si un philosophe, appelons-le Alain F., dit «J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde féminine de foot», ça n'est pas pareil que s'il dit « J'ai pas envie de regarder la Coupe du monde de foot féminin ». En plus de mettre en lumière le rapport compliqué du philosophe avec les femmes en short (voire avec les femmes tout court), la place du mot «féminin» change imperceptiblement le sens de la phrase.
J'ai trente-trois ans, tout l'avenir devant moi, je travaille pour le dictionnaire, j'écris des dates de vie et de mort, des noms propres et des noms communs, j'écris la vie des autres en attendant de vivre la mienne.
Dans la même œuvre
Ce que je sais : « on » n'est pas indéfini, c'est « je » qui manque de précision.
Ce que je sais : la tristesse se digère moins bien que les coquillettes. Je mange des coquillettes sauce cafard.
Être étranger, c'est être sous l'eau quand d'autres vous parlent à la surface, les sons pénètrent, mais pas le sens
Être étranger, c'est sourire et opiner du chef, c'est lire sur les lèvres, juste pour le plaisir de s'assurer que ça ne change strictement rien.
Avec du silence l'autre projette, le mutisme oblige celui d'en face à tendre l'oreille à son propre discours, il s'écoute et croit que c'est vous qui parlez, il vous trouve intelligent et drôle, il vous aime. Ou alors, il vous hait de lui donner à entendre son vide.