Être étranger, c'est être sous l'eau quand d'autres vous parlent à la surface, les sons pénètrent, mais pas le sens

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Alors qu'il ne viendrait à l'esprit de personne de parler de «foot masculin», quand on accole l'adjectif «féminin» tout de suite après football, on induit l'idée que les deux sexes ne jouent pas exactement à la même chose. Ce qui laisse à penser que les Bleues s'adonnent à un sport spécialement conçu pour les femmes, un ersatz de la discipline originale.
Alors, quelle est la différence entre un «Bleu» et une «Bleue» ? Peut-être le regard que nous portons sur eux.
Ce que je sais : la tristesse se digère moins bien que les coquillettes. Je mange des coquillettes sauce cafard.
A deux, on grossit, à un, on s'affine, on s'étire comme une sculpture de Giacometti, tendue à l'extrême, un jeu de matière, une tête et des pieds, la terre et le ciel, au milieu rien.
J'écris la vie des autres en attendant de vivre la mienne.
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Etre étranger, c'est constater que l'Autre est une aventure, que tout cri n'est pas hostile.
Ce que je sais : « on » n'est pas indéfini, c'est « je » qui manque de précision.
Ce que je sais : la tristesse se digère moins bien que les coquillettes. Je mange des coquillettes sauce cafard.
Être étranger, c'est sourire et opiner du chef, c'est lire sur les lèvres, juste pour le plaisir de s'assurer que ça ne change strictement rien.
Avec du silence l'autre projette, le mutisme oblige celui d'en face à tendre l'oreille à son propre discours, il s'écoute et croit que c'est vous qui parlez, il vous trouve intelligent et drôle, il vous aime. Ou alors, il vous hait de lui donner à entendre son vide.