L'humanitaire est la continuation de la politique par d'autres moyens.
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Tout voyage est comme une écriture, une étrange alchimie. Un mélange entre la demande de dehors, celui qui guérit comme le proclame Stevenson, et l'espace du dedans.
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Le partir-revenir des voyageurs comme Ella Maillart et ses émules aujourd'hui, lancés sur la trace des derniers nomades, résulte aussi d'une rébellion contre le bornage mental d'une civilisation. Qu'est-ce qui définit l'autre ?
Nous sommes tous des naufragés de l'âme, vois-tu, la peinture n'est que le reflet de ce chagrin, antichambre de la grande joie à venir.
Dans l'émirat des talibans, l'amour a trouvé une frontière, chassé jusqu'au regard, considéré comme un outrage, et contraire à l'idée de soumission. Les turbans noirs ont tué l'amour.
Devant les déferlantes comme dans une guerre les caractères se dessinent, avec leur cortège de courages minuscules, d'abandon, de ténacité.
Dans la même œuvre
Il est dans tout grand voyage un point d'orgue, un moment de flottement où les odeurs et les envies se mélangent, comme si ce moment-là comportait une interrogation, porteuse des doutes et en même temps des certitudes: pourquoi poursuivre la route.
La sédentarité nous importe aussi parce qu'elle est un renvoi du voyage permanent.
Sans doute les périples immobiles forment-ils l'antichambre idéal des grands voyages.
Le voyage lui-même est entendu au pire comme temps fini, comme champ d'activité économique, au mieux comme nouvelle impulsion pour mieux revenir. Le voyage doit avoir une finalité alors qu'il est d'abord source de vie.
Le nomadisme est une liberté que ne peut supporter le monde sédentaire, sauf s'il lui est soumis, comme condition de son renouvellement. Le partir, revenir n'est conçu que si le revenir l'emporte, et non pas à égalité des actes.