Il est dans tout grand voyage un point d'orgue, un moment de flottement où les odeurs et les envies se mélangent, comme si ce moment-là comportait une interrogation, porteuse des doutes et en même temps des certitudes: pourquoi poursuivre la route.

À lire aussi de Olivier Weber

La générosité est un geste sans limites que l'âme du monde ressent à chaque instant.
Sans doute les périples immobiles forment-ils l'antichambre idéal des grands voyages.
La charité est un remède à l'angoisse.
Nous sommes tous des naufragés de l'âme, vois-tu, la peinture n'est que le reflet de ce chagrin, antichambre de la grande joie à venir.
Les caravansérails sont des bâtisses improbables que seul pérennise l'amour.
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Dans la même œuvre

Tout voyage est comme une écriture, une étrange alchimie. Un mélange entre la demande de dehors, celui qui guérit comme le proclame Stevenson, et l'espace du dedans.
La sédentarité nous importe aussi parce qu'elle est un renvoi du voyage permanent.
Sans doute les périples immobiles forment-ils l'antichambre idéal des grands voyages.
Le voyage lui-même est entendu au pire comme temps fini, comme champ d'activité économique, au mieux comme nouvelle impulsion pour mieux revenir. Le voyage doit avoir une finalité alors qu'il est d'abord source de vie.
Le nomadisme est une liberté que ne peut supporter le monde sédentaire, sauf s'il lui est soumis, comme condition de son renouvellement. Le partir, revenir n'est conçu que si le revenir l'emporte, et non pas à égalité des actes.