La générosité est un geste sans limites que l'âme du monde ressent à chaque instant.
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Le voyage lui-même est entendu au pire comme temps fini, comme champ d'activité économique, au mieux comme nouvelle impulsion pour mieux revenir. Le voyage doit avoir une finalité alors qu'il est d'abord source de vie.
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La charité est un remède à l'angoisse.
Le partir-revenir des voyageurs comme Ella Maillart et ses émules aujourd'hui, lancés sur la trace des derniers nomades, résulte aussi d'une rébellion contre le bornage mental d'une civilisation. Qu'est-ce qui définit l'autre ?
Peut-être que les voyages naissent ainsi, à l'écoute d'un nom magique qui résonne longtemps, comme un écho bienveillant.
La cruauté est l'un des ressorts intimes de l'homme que viennent atténuer les croyances et les religions.
Dans la même œuvre
Tout voyage est comme une écriture, une étrange alchimie. Un mélange entre la demande de dehors, celui qui guérit comme le proclame Stevenson, et l'espace du dedans.
Il est dans tout grand voyage un point d'orgue, un moment de flottement où les odeurs et les envies se mélangent, comme si ce moment-là comportait une interrogation, porteuse des doutes et en même temps des certitudes: pourquoi poursuivre la route.
La sédentarité nous importe aussi parce qu'elle est un renvoi du voyage permanent.
Sans doute les périples immobiles forment-ils l'antichambre idéal des grands voyages.
Le nomadisme est une liberté que ne peut supporter le monde sédentaire, sauf s'il lui est soumis, comme condition de son renouvellement. Le partir, revenir n'est conçu que si le revenir l'emporte, et non pas à égalité des actes.