Sur les rivages duvetés de ta chevelure, je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.

À lire aussi de Charles Baudelaire

Pour écrire vite, il faut avoir beaucoup pensé, - avoir trimbalé un sujet avec soi, à la promenade, au bain, au restaurant, et presque chez sa maîtresse.
La nature n'est qu'un dictionnaire.
Et pourtant vous serez semblable à cette ordure, - A cette horrible infection, - Etoile de mes yeux, soleil de ma nature, - Vous, mon ange et ma passion!
Allume ta prunelle à la flamme des lustres; - Allume le défi dans le regard des rustres.
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords, - Qui vit, s'agite et se tortille - Et se nourrit de nous comme le ver des morts, - Comme du chêne la chenille? - Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords?
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Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.
Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.