Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

À lire aussi de Charles Baudelaire

Quand la nature, grande en ses desseins cachés, - De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés, - - De toi, vil animal, - pour pétrir un génie?
Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus; - Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices! - Mon âme resplendit de toutes vos vertus!
Il avait souvent singé la passion; il fut contraint de la connaître; mais ce ne fut point l'amour tranquille, calme, et fort qu'inspirent les honnêtes filles, ce fut l'amour terrible, désolant et honteux, l'amour maladif des courtisanes.
L'être le plus prostitué, c'est l'être par excellence, c'est Dieu, puisqu'il est l'ami suprême pour chaque individu, puisqu'il est le réservoir commun, inépuisable, de l'amour.
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige - Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir; - Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir; - Valse mélancolique et langoureux vertige!
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Dans la même œuvre

Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
Sur les rivages duvetés de ta chevelure, je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.