Son baiser prit une couleur d’or et de miel. A son parfum, il reconnut les notes vanillés de l’ananas, ses lèvres exhalant des fraîcheurs herbacées et des saveurs d’agaves, comme une longue traînée de braise, et la chaleur de celles qui ont une flamme à la place du cœur.

À lire aussi de Miguel Bonnefoy

Les peuples reprennent leur dignité à la hache, car c'est à la hache qu'elle leur a été amputée.
Je sentis tout à coup que mes mots n'incarnaient pas la saveur du paysage. Ils n'avaient pas l'haleine de la cascade, le fer de la grotte. Habitués à l'ombre, ils étaient laids au soleil.
Je pensai à la jungle comme écriture. Je m’interrogeai s’il existait, entre la sève et l’encre, le même apprentissage qui lie le doute et la certitude. Émerveillé de tout, enivré de rien, là explosait la respiration des feuilles, la couleur des pastèques, les pages de la jungle qui n’ont pas de grammaire et qu’on cherche, pourtant, sans cesse à traduire.
De gros nuages se fendaient en bosses et protubérances. Les formes étaient courbes, galbées, bombées comme des jarres, suspendues comme des coraux, pleines de veinures secrètes, tout obéissait à des emblèmes féminins. Elle confirma à cet instant que le nom du ciel ne pouvait pas être masculin.
L'avantage d'être pauvre, c'est qu'on peut toujours s'enrichir.
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L'avantage d'être pauvre, c'est qu'on peut toujours s'enrichir.
Libre, elle n'était fidèle qu'à la liberté.
La canne à sucre, c’est comme l’espoir. Il faut la brûler pour qu’elle repousse avec plus de force.
La main qui toucha sa tempe lui fit l'effet d'une boussole sur un navire perdu dans une tempête.
Elle considérait qu'une femme cultivée ne pouvait pas être soumise, et ne cherchait pas tant à briller qu'à affirmer sa liberté.