Je pensai à la jungle comme écriture. Je m’interrogeai s’il existait, entre la sève et l’encre, le même apprentissage qui lie le doute et la certitude. Émerveillé de tout, enivré de rien, là explosait la respiration des feuilles, la couleur des pastèques, les pages de la jungle qui n’ont pas de grammaire et qu’on cherche, pourtant, sans cesse à traduire.

À lire aussi de Miguel Bonnefoy

Ce n'est pas de vivre dans la misère qui rend misérable, mais de ne pas pouvoir la décrire .
Visiblement, nous vivons dans un monde où toutes les races ne peuvent cohabiter.
La littérature devait aussi bien représenter ceux qui ne la lisent pas, pour exister comme l'air et comme l'eau, et toujours autrement.
On jette la graine là où on veut que l'arbre pousse.
Ce n'est pas seulement le voyage qu'il faut accomplir, c'est l'idée du voyage.
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Dans la même œuvre

On jette la graine là où on veut que l'arbre pousse.
Je sentis tout à coup que mes mots n'incarnaient pas la saveur du paysage. Ils n'avaient pas l'haleine de la cascade, le fer de la grotte. Habitués à l'ombre, ils étaient laids au soleil.
Ce n'est pas seulement le voyage qu'il faut accomplir, c'est l'idée du voyage.
Aucun texte sur la jungle ne peut rendre la sensation de la jungle. Ce mélange de resserrement et d’immensité, cette impression d’être soumis à sa grandeur et la révolte qu’elle génère, cet incroyable qui est palpable, cette noble sérénité des premiers âges. On contemple la jungle comme on contemple un ciel étoilé : rien ne bouge et pourtant tout semble habité.