Ce n'est pas de vivre dans la misère qui rend misérable, mais de ne pas pouvoir la décrire .
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Aucun texte sur la jungle ne peut rendre la sensation de la jungle. Ce mélange de resserrement et d’immensité, cette impression d’être soumis à sa grandeur et la révolte qu’elle génère, cet incroyable qui est palpable, cette noble sérénité des premiers âges. On contemple la jungle comme on contemple un ciel étoilé : rien ne bouge et pourtant tout semble habité.
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Ce n'est pas seulement le voyage qu'il faut accomplir, c'est l'idée du voyage.
Des écrivains publics faisaient payer une fortune les lettres d'amour, les vieux comptaient les mois en grains de maïs et les marchands racontaient aux enfants des légendes pour les éloigner de la nuit. C'était une époque simple et craintive.
Elle considérait qu'une femme cultivée ne pouvait pas être soumise, et ne cherchait pas tant à briller qu'à affirmer sa liberté.
On jette la graine là où on veut que l'arbre pousse.
Dans la même œuvre
On jette la graine là où on veut que l'arbre pousse.
Je sentis tout à coup que mes mots n'incarnaient pas la saveur du paysage. Ils n'avaient pas l'haleine de la cascade, le fer de la grotte. Habitués à l'ombre, ils étaient laids au soleil.
Je pensai à la jungle comme écriture. Je m’interrogeai s’il existait, entre la sève et l’encre, le même apprentissage qui lie le doute et la certitude. Émerveillé de tout, enivré de rien, là explosait la respiration des feuilles, la couleur des pastèques, les pages de la jungle qui n’ont pas de grammaire et qu’on cherche, pourtant, sans cesse à traduire.
Ce n'est pas seulement le voyage qu'il faut accomplir, c'est l'idée du voyage.