Mais, dans la vie, que vous montiez ou descendiez, vous êtes toujours dans la brume, le froid, les à-pics, la corde traîtresse et ses retours glissants : seulement lorsque la corde glisse, vous avez parfois le temps de rire. Pas beaucoup j'en ai peur...
❧
Si notre civilisation devait dessoûler deux jours de suite, le troisième elle crèverait de remords.
◆
À lire aussi de Malcolm Lowry
Il ne cesse de lire, le poète à venir, - \r\nPeut-être justement dans cette anthologie - \r\n\r\nRévisée (car elle le sera, d'ici dix ans, - \r\nCe qui laisse à notre poète - \r\nTout le temps qu'il faut pour grandir) ; - \r\n\r\nBien qu'il ne cesse de lire, il ne comprend toujours pas - \r\nMême dans son pays, il se sent « à côté » - \r\n\r\nIl lit comme s'il écrivait entre les lignes - \r\nLignes d'autrui où il devine - \r\nBien peu de sens ou de folie. - \r\n\r\nPar rapport au démon de tous ces gens, ses forces - \r\nSont comme le soutier par rapport au marin. - \r\n\r\nIl lit mais il ne comprend rien - \r\n\r\nSauf dans quelque fragment d'une biographie - \r\nOù il est écrit : « se donna la mort ».
Je crois connaître assez la souffrance physique. Mais c'est le pire de tout, de sentir son âme mourir. Je me demande si c'est parce que ce soir mon âme est vraiment morte que j'éprouve pour l'instant quelque chose comme la paix.
Oui, elle le comprenait maintenant, toute cette histoire de taureau, c'était comme une vie: l'importante naissance, la belle chance, le tour de l'arène d'abord hésitant, puis assuré, puis à demi désespéré, un obstacle aplani, exploit mal reconnu, puis l'ennui, la résignation, l'effondrement; puis une autre naissance, plus convulsive; un nouveau départ; les efforts circonspects pour s'y reconnaître dans un monde maintenant franchement hostile.
Parfois l'enfant ne sait pas dire son chagrin, - \r\nMais il entend, le soir, les étranges présages - \r\nQui annoncent aux pierres blessées, à même le sol, - \r\nLeur libération, où il apprend que les pierres - \r\nCœurs brisés, ont parfois l'éclat dur d'un langage. - \r\nLe bruit de la mer rugit au vestiaire - \r\n- Et un reproche ; mais cela même est rassurant : - \r\nUn reproche de moins entre lui et la mort… - \r\nEt là, sur le tapis devant la cheminée, - \r\nIl regarde l'enfer et voit son avenir - \r\n- Qui sait, peut-être une chambre de chauffe ?- - \r\nPourtant, l'enfant, je pense, a connu des fous-rires - \r\n(On dit que de la vie ce sont les seuls remèdes), - \r\nEt puis, n'eût-il pas survécu, - \r\nSaurait-il que Rimbaud a connu ces chagrins, - \r\nRimbaud dont l'âge d'homme aussi, comme le sien, - \r\nFut déserté d'amour et privé de langage ?\r\n
Dans la même œuvre
Qu'est l'homme, sinon une petite âme qui maintient debout un cadavre ?
Mais, dans la vie, que vous montiez ou descendiez, vous êtes toujours dans la brume, le froid, les à-pics, la corde traîtresse et ses retours glissants : seulement lorsque la corde glisse, vous avez parfois le temps de rire. Pas beaucoup j'en ai peur...
On m'a dit que le monde tournait, alors j'attends de voir passer ma maison devant moi.
On ne peut vivre sans amour.
Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ?