Qu'est l'homme, sinon une petite âme qui maintient debout un cadavre ?

À lire aussi de Malcolm Lowry

Je crois connaître assez la souffrance physique. Mais c'est le pire de tout, de sentir son âme mourir. Je me demande si c'est parce que ce soir mon âme est vraiment morte que j'éprouve pour l'instant quelque chose comme la paix.
Oui, elle le comprenait maintenant, toute cette histoire de taureau, c'était comme une vie: l'importante naissance, la belle chance, le tour de l'arène d'abord hésitant, puis assuré, puis à demi désespéré, un obstacle aplani, exploit mal reconnu, puis l'ennui, la résignation, l'effondrement; puis une autre naissance, plus convulsive; un nouveau départ; les efforts circonspects pour s'y reconnaître dans un monde maintenant franchement hostile.
Les tourments de l'enfer sont implacables, vifs - \r\nSont les feux de l'enfer ; et pourtant les vautours - \r\nS'arc-boutant contre l'air pour virer sur leur aile - \r\nSont plus beaux que le vol plané de ces mouettes - \r\nAbandonnées au vent dans la fraicheur du jour - \r\nPlus beaux que les ventilateurs dans les asiles - \r\nQui par leur soyeux va-et-vient - \r\nTissent à l'espoir un destin ; - \r\nEt jamais l'espoir n'a lancé - \r\nSa gageure aussi haut que l'illusion vitale - \r\nQui chevauche le vol du vautour. Si la mort - \r\nPeut voler pour l'amour de voler, est-il rien - \r\nQue la vie, pour l'amour de mourir, ne pût faire ? - \r\n\r\n
À une attitude gigantesque, il remarqua encore des vautours aux aguets, plus gracieux que des aigles en leurs évolutions et qu'on eût pris pour des cendres de papier montant légèrement d'un feu, avant d'être subitement aspirés dans une tumultueuse et vertigineuse ascension, très haut.
Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ?
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Dans la même œuvre

Mais, dans la vie, que vous montiez ou descendiez, vous êtes toujours dans la brume, le froid, les à-pics, la corde traîtresse et ses retours glissants : seulement lorsque la corde glisse, vous avez parfois le temps de rire. Pas beaucoup j'en ai peur...
On m'a dit que le monde tournait, alors j'attends de voir passer ma maison devant moi.
On ne peut vivre sans amour.
Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ?
Oui, elle le comprenait maintenant, toute cette histoire de taureau, c'était comme une vie: l'importante naissance, la belle chance, le tour de l'arène d'abord hésitant, puis assuré, puis à demi désespéré, un obstacle aplani, exploit mal reconnu, puis l'ennui, la résignation, l'effondrement; puis une autre naissance, plus convulsive; un nouveau départ; les efforts circonspects pour s'y reconnaître dans un monde maintenant franchement hostile.