Et l'on se prend à détester ce quadragénaire conformiste qui, en modelant la cire, manipule une toute jeune fille à des fins sans rapport avec l'art ni l'esthétique. Sans vouloir que l'art soit une imitation de la vie, faut-il accepter le sacrifice de la créature à l'idéologie suspecte de son créateur ?
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Regarder, c'est aussi garder, avoir en garde. Le regard est une réponse, une responsabilité; regarder nous garde de la barbarie.
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À lire aussi de Camille Laurens
L'amour, c'est quoi sans le désir ?
L'écriture personnelle, ce mouvement qui va de l'intérieur vers l'extérieur pour exprimer ce qui s'est imprimé en soi - écrire pour dire son expérience, ses rêves, écrire pour dire son désir, l'attraper dans le filet des mots comme un poisson gigotant. Vous avez déjà essayé, vous ? Bien sûr, c'est souvent décevant : la confrontation entre le récit qu'on a dans la tête et celui dont on accouche plus ou moins péniblement peut être terrible
L'écriture, c'est de la pêche - pêche à la ligne, pêche au gros, c'est plus ou moins physique, mais le principe, c'est l'attente. Une attente active, un aguet. L'impression que si vous attendez bien, si vous savez attendre, à l'écoute du moindre frémissement de ligne, du plus petit friselis, vous ne serez pas bredouille, ça va mordre. Écrire, c'est comme l'amour : on attend, et puis ça mord.
Nous voulons des romans d'amour, pas des romans sur l'amour, des livres de deuil, pas des livres sur le deuil.
Dans la même œuvre
L'anniversaire, c'est ce moment où l'année tourne, où se révèle un autre versant du temps - et quelquefois il verse comme un chariot.
Etre à la merci de quelqu'un, voilà qui enlève au mot toute son urbanité et ramène le corps social dans la féodalité, où nous nous voyons malgré nous taillables et corvéables à merci.