Œuvre

Vivants (2011)

Pour moi, l'avenir est aussi flou que le passé. Seul le présent semble m'intéresser, et encore. La mort m'a rendu plutôt zen, en fait.
Elle me fascine, même quand elle ne dit ni ne fait rien.
Quand tu arrives à la fin du monde, peu importe la route que tu as prise.
On devrait toujours prendre des photos, même si on n'a pas d'appareil, au moins avec son esprit. Les souvenirs qu'on se fait soi-même, volontairement, sont toujours plus vifs que ceux qu'on enregistre par accident.
C'est là que tout a commencé. C'est là qu'ils nous ont envoyés quand les côtes ont disparu. Quand les bombes sont tombées. Quand nos amis sont morts et se sont relevés pour devenir des étrangers, inconnus, cruels.
Toutes les vacheries que les gens se font... Si ça se trouve, tout ça n'est qu'un moyen d'étouffer ta propre voix. D'éliminer une bonne fois pour toutes tes souvenirs sans avoir besoin de te tuer.
Tu n'as tout de même pas envie de rester mort toute ta vie ?
Je suis mort, mais ce n'est pas si mal. J'ai appris à vivre avec.
L'écriture ne se réduit pas à des lettres sur du papier. C'est une façon de communiquer. C'est la mémoire d'un peuple.
Ne rien avoir autour de nous, à toucher ou à regarder, aucune ligne de démarcation, juste nous et la gueule avide du ciel. J'imagine que c'est ce que ça fait quand on est mort pour de bon. Le vide, vaste et absolu.
Il n'y a pas de règle pour la façon dont est censée se dérouler une vie, Perry. Pas de monde idéal à attendre. Le monde est toujours ce qu'il est sur le moment, et c'est à toi de décider comment tu comptes t'y adapter.
Le monde est un menteur. Sa laideur est partout le peu de beauté qui reste ne fait que rendre les choses plus difficiles.
On devrait toujours prendre des photos, même si on n'a pas d'appareil, au moins avec son esprit. Les souvenirs qu'on se fait soi-même, volontairement, sont toujours plus vif que ceux qu'on enregistre par accident.
Dans ma tête, je suis éloquent, je grimpe des échafaudages complexes de mots afin d'atteindre le plafond des cathédrales les plus hautes et y peindre mes pensées. Mais quand j'ouvre la bouche, tout s'écroule.
Je souris aussi, mais je fais en sorte qu'elle ne me voie pas. Tout ça... Tout ça est nouveau pour moi.
La vérité, radieuse, et le mensonge, inéluctable, assis côté à côte.
Je lui vole ce qu'il possède pour remplacer ce qui me manque.