Œuvre
Suzanne et la province (1993)
La différence entre les hommes et nous, c'est qu'ils se moquent du bonheur. Il n'y a que leur précieuse virilité qui compte.
La passion est une maladie terriblement contagieuse.
Les femmes ne se sentent exister qu'à travers l'amour des hommes. Qu'importe l'illusion si elle est donnée avec art!
Toute femme à qui un homme déclare qu'elle est la femme de sa vie, la première, la meilleure, en est aussitôt convaincue!
L'été est comme un fruit, il point début juin, encore aigrelet, gonfle, mûrit à partir de juillet, jusqu'à faire craquer sa peau d'où ruisselle, fin août, un jus sucré, épais... Lequel sera perdu s'il n'y a personne pour le savourer.
Quand une femme vous donne un plaisir exceptionnel, quel homme y renonce?
On pleure plus commodément avec de l'argent que lorsqu'on en manque... C'est une affaire de confort.
Quand une femme aime, il n'y a que l'homme aimé qui compte, et tout ce qu'elle fait ou pense s'y rapporte.
La vie, en quelque sorte, change de niveau: on sort du besoin pour entrer dans un univers où on a le sentiment de disposer de l'ordre du monde du seul fait de maîtriser celui des couleurs et des formes.
C'est ce qu'on appelle la mode, ce perpétuel besoin d'être toujours ailleurs, autre, de changer d'âme plus encore que de corps.
L'ostracisme, de nos jours, est tellement démodé! Nous sommes tous pareils, non? Mêmes soucis, mêmes aspirations!
Dans le noir, les confidences perdent un peu de leur indécence et de leur âpreté.
Il est plus facile de déterminer la famille d'un arbre que celle d'un être humain.