Œuvre

Samarcande (1988)

Rien, ils ne savent rien, ne veulent rien savoir. Vois-tu ces ignorants, ils dominent le monde. Si tu n'es pas des leurs, ils t'appellent incroyant. Néglige-les, Khayyam, suis ton propre chemin.
Devant une situation chaotique, inextricable, on s'imagine qu'il faut des siècles pour s'en sortir. Soudain, une homme apparaît et comme par enchantement l'arbre que l'on croyait condamné reverdit, il recommence à prodiguer feuilles, fruits et ombre.
Le vin et lui ont appris à se respecter, jamais l'un d'eux ne répandrait l'autre sur le sol.
Nos corps peuvent prolonger nos mots, ils ne peuvent les remplacer ni les démentir.
Le bonheur s'embusque dans la monotonie.
Pour bien gérer les affaires, il faut s'oublier, ne s'interesser qu'aux autres, surtout aux plus malheureux, pour arriver au pouvoir, il faut être le plus avide des hommes, ne penser qu'à soi-même, être prêt à écraser ses proches amis.
Quoi de plus simple que de mimer la loyauté, elle n'est jamais plus vraie que dans les bouches menteuses.
Les paroles, bonnes ou mauvaises, sont comme des flèches, quand on en tire plusieurs, il y en a bien une qui atteindra son but.
Je rêve d'un Etat où le loup et l'agneau boiraient ensemble, en toute quiétude, l'eau du même ruisseau. Mais je ne me contente pas de rêver, je construis.
On ne lit jamais tout, il y a tant de connaissances à acquérir chaque jour!
Seul le cancer a gardé, dans toutes les langues, son nom astrologique. La frayeur est intacte.
Ce n'est pas dans l'apparat que l'on échappe à la misère humaine.
Il ne suffit pas de tuer nos ennemis, leur enseigne Hassan, nous ne sommes pas des meurtriers mais des exécuteurs, nous devons agir en public, pour l'exemple. Nous tuons un homme, nous en terrorisons cent mille.
Mourir est plus important que tuer. Nous tuons pour nous défendre, nous mourons pour convertir. Conquérir est un but, se défendre n'est qu'un moyen.
Pour qu'une entreprise réussisse, il faut faire le contraire de ce que disent les femmes.
Ce qui reste d'une cité, c'est le regard détaché qu'aura posé sur elle un poète à moitié ivre.
Notre maître fait savoir aux poètes ici présents qu'il en a assez d'entendre répéter toujours les même thèmes, il ne veut plus être comparé ni à un lion, ni à un aigle, et encore moins au soleil. Que ceux qui n'ont rien d'autres à dire s'en aillent.
Ne t'inquiète de rien, la réalité a deux visages, les hommes aussi.
Ce n'est pas l'ivrognerie qu'il craint, il sait qu'il ne s'y abandonnera pas, le vin et lui ont appris à se respecter, jamais l'un d'eux ne répandrait l'autre sur le sol.
Mourir est plus important que tuer. Nous tuons pour nous défendre, nous mourons pour convertir, pour conquérir.