Œuvre

Miss Charity (2008)

Je crois que j'avais une terrible envie d'écrire quelque chose, mais je ne voyais absolument pas quoi.
Je suis dans ma vingt-troisième année. Mais je me sens plus âgée. Et pourtant, je n'ai presque rien vécu. Les années immobiles comptent peut-être doubles.
Comme dit Goethe : « On ne devient adulte que lorsqu'on a compris ses parents et qu'on leur a pardonné. »
Il est plus facile de se dire sans valeur que de se battre pour prouver qu'on en a.
Les médiocres sont toujours heureux de piétiner le génie quand il trébuche.
Je lisais et je me mettais à aimer violemment des gens que je n'avais jamais vus, à les aimer comme je n'avais jamais aimé personne, et à vouloir leur bonheur de toutes mes forces.
Je faisais cette expérience étrange qu'une joie qu'on ne peut partager devient presque un chagrin.
Au jour de mon douzième anniversaire, j'ouvris solennellement la lettre que je m'étais écrite trois ans plus tôt. « Chère amie, quand vous me lirez vous serez une vraie savante… » Je souris en m'apercevant de ma naïveté. Plus on apprend, plus on sait qu'on ne sait rien.
Savez-vous ce que dit notre poète Richter ? « L'empire de la mer est aux Anglais, celui de la terre est aux Français et celui de l'air aux Allemands. ». Voilà pourquoi nous nous entendons si bien.
Il n'est pire chose pour un timide que de rencontrer son semblable. C'est comme un miroir qui vous ferait la grimace.