Œuvre

Magique étude du Bonheur (2010)

Une personne bienheureuse peut être sans pour autant se départir de son bonheur, son humeur de champagne, sa lame de fond.
Le bonheur ne saurait être un état arythmique et clos sur lui-même, une béatitude sans vagues. Il est au contraire une pulsation qui exacerbe et épanouit notre sensibilité, rendant nos émotions plus prégnantes.
L'état de bonheur est bien une humeur de champagne. Avec les trois caractéristiques généralement associées à ce vin : l'effervescence, l'explosivité et la griserie festive.
L'indifférence n'est-elle pas pas la marque d'une impuissance à être heureux ?
Les personnes bienheureuses intensifient leur état de bonheur en se côtoyant.
Accepter de rendre heureux permet de le devenir soi-même.
Le bonheur est un rendez-vous. Rendez-vous à votre Je(u), grand bal des mutations florissantes.
Vous êtes pleinement heureux, donc vous rendez heureux, car le bonheur déborde. Champagne ! L'autre est votre coupe et votre destination. L'anormalité pétillante et votre condition.
Les mots seuls pontifient : leur magie est fictive. Ils causent de tout mais ne causent rien.
Devenir sensible à la sensibilité, et trouver ainsi l'énergie de pousser plus avant, plus dehors, l'aventure de la rencontre.
Qu'un être de champagne surgisse au milieu de la masse maugréeuse, et c'est lui l'anormal, l'empêcheur de gémir en rond, de délinquant de la civilité grisâtre.
L'exhilaration : une mise en rêve et en ivresse de la vie même.
Renaître en permanence à chaque visage rencontré, chaque frottement. Ne pas préférer le rêve au vécu. Danser un rêve éveillé. Vivre au printemps.
On élude une difficulté. On élude une promesse. On élude la loi. On élude ce qui questionne ou embarrasse. Mais le bonheur répond, il n'embarrasse pas.
Le bonheur ne s'élude pas. Quand il est là, bien palpitant dans notre devenir, il nous ravit tant et si bien qu'espérer l'accroître ou le troquer contre un bonheur supérieur nous paraît incongru.
Arrêtons de chercher le bonheur là où nous l'avons perdu.